Loiret Agricole et Rural 02 novembre 2013 à 08h00 | Par OJ

Betteraves - Les Cuma travaillent d’arrache-pied

La campagne betteravière battant son plein, les Cuma sont sur le pont. Zoom sur deux d’entre elles.

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Selon le président de la Cuma des Trois Hameaux, « les récoltes 2013 s’annoncent moyennes ». © Loiret agricole et rural Trois des adhérents de la Cuma des Trois Hameaux : de gauche à droite, Lionel Perthuis, Thierry Leroy et Gérard Suttin. © Loiret agricole et rural Pour acquérir sa nouvelle machine, la Cuma de Courtempierre a souscrit un emprunt de quatre ans. © Loiret agricole et rural Les dates d’enlèvements fixées par la sucrerie de Corbeilles-en-Gâtinais ainsi que la nature du sol déterminent l’organisation des travaux. © Loiret agricole et rural

Comptant dix-neuf adhérents, la Cuma des Trois Hameaux réalise un chiffre d’affaires de 79.000 €. Sept exploitants utilisent l’automotrice à betteraves. Soit un chiffre d’affaires de 17.000 €. Montant de la part sociale : 96 € par hectare engagé. Coût d’utilisation : 220 € par hectare travaillé (la consommation de fioul, entre 30 et 40 l/ha, à la charge de l’utilisateur, n’est pas comprise dans ce chiffre). 82 ha avaient été arrachés l’an dernier et 90 le seront cette année.

La machine a été acquise d’occasion en 2012 pour une somme de 66.500 € : le renouvellement d’un précédent engin qui datait de 2009. Président de l’entité, Gérard Suttin explique : « À l’origine, il y avait une automotrice à betteraves sur la Cuma de Beaune-la-Rolande : une activité qui fut arrêtée. Or il restait deux betteraviers sur la commune de Nancray-sur-Rimarde : nous avons refondé un groupe avec trois anciens adhérents de la Cuma de Beaune-la-Rolande. »

Par la suite, deux autres personnes sont arrivées, dont un jeune agriculteur cette année. Est-ce à dire que l’entité a vocation à s’étendre ? « Nous disposons d’une marge de manœuvre de quelques hectares mais pas plus » répond Gérard Suttin. « Si nous sommes confrontés à de mauvaises conditions climatiques, on peut se permettre d’attendre pour le ramassage. Ce serait impossible avec une surface plus grande : nous ne pourrions pas augmenter celle-ci de trente ou quarante hectares ! En outre, ce serait difficile de reprendre des gars qui, à l’époque, n’étaient pas intéressés. »

À titre exceptionnel

À l’avant de l’arracheuse, une effeuilleuse enlève les feuilles qui se trouvent sur la betterave. Des disques arrachent les racines à raison de six rangs à chaque fois. Cinq turbines séparent la terre de la betterave. Et pour nettoyer encore mieux les betteraves, de l’eau est injectée dans les turbines : six mille litres par jour. À l’arrière, un élévateur charge les betteraves dans une benne.

Un chantier se compose d’une automotrice et de deux ou trois bennes car les dépôts sont souvent éloignés de la parcelle. Les bennes appartiennent aux agriculteurs et non à la Cuma : lors du ramassage des betteraves, une entraide entre agriculteurs permet de mettre à disposition le matériel nécessaire. Précisons que l’arracheuse est conduite par deux adhérents de la structure. En entraide. Aucune charge de main-d’œuvre.

Qu’est-ce qui a poussé les sept betteraviers concernés à choisir le modèle coopératif plutôt que de faire appel à une entreprise de travaux agricoles ? « Nous organisons notre travail nous-mêmes » justifie le président de la Cuma. Le système présente toutefois un inconvénient : « Si la machine tombe en panne, nous mettons les mains dans le cambouis ! Un entrepreneur assure les réparations lui-même. En 2012, à titre exceptionnel, nous sommes allés faire de l’entraide à façon chez des collègues : les betteraviers ne sont pas aussi égoïstes qu’on veut bien le dire ! »

Un coup de balai

Notre interlocuteur poursuit : « Les récoltes 2013 s’annoncent moyennes tant en poids de racine qu’en quantité de sucre. » L’agriculteur de Nancray-sur-Rimarde, irriguant, a effectué un premier enlèvement : 87 tonnes par hectare ramené à 16 % contre 95 à 100 tonnes, voire plus, les années précédentes ! « En raison des conditions climatiques, les semis ont été tardifs. Puis la végétation a connu du retard. Et l’absence de soleil a limité la quantité de sucre. Sur certaines parcelles grêlées, des gars font 70 tonnes par hectare ! »

Il y a une dizaine d’années, à Nancray-sur-Rimarde, la Cuma des Trois Hameaux a aménagé cinq chemins de pierres afin que les camions puisent venir enlever les betteraves. En outre, cette année, en raison des caprices de la météo, la coopérative a acheté un balai afin de nettoyer les routes : un investissement de 4.000 €. « Nous ne sommes pas une grosse Cuma mais nous sommes une Cuma qui tourne bien » conclut Gérard Suttin.

Un investissement de 230.000 € à Courtempierre

En février dernier, la Cuma de Courtempierre a acquis une nouvelle arracheuse de betteraves : un investissement de 230.000 € financé par un emprunt sur quatre ans. L’engin remplacé avait six ans d’âge.

Une effeuilleuse enlève les feuilles et les met en andin sur le côté. Des palpeurs réglables contrôlent la hauteur d’effeuillage de façon à ne pas trop couper la betterave. Objectif : enlever les feuilles sans rogner le collet. Sur l’effeuilleuse, se trouve un scalpeur par rang, soit six scalpeurs au total : une sorte de peigne avec une lame montée sur un parallélogramme et réglée manuellement. Le système permet de couper le résidu de la feuille tout en laissant intact le haut de la racine.

Mille litres d’eau par demi-journée

L’arracheuse est dotée d’un disque par rang. Un patin glisse le long du rang et le disque roule par avancement de la machine : cela permet de soulever la betterave et de l’arracher. Deux turbines (une pour trois rangs), composées de barreaux entraînés mécaniquement, récupèrent les betteraves. Ces dernières retombent sur une troisième turbine tournant dans le sens inverse : un mécanisme grâce auquel les betteraves sont véhiculées et nettoyées.

Deux autres turbines font tomber les betteraves dans un récupérateur-élévateur : une trémie de 7 m3. Puis les betteraves repartent sur un tapis qui les mène dans la benne accrochée au tracteur.

Les cinq turbines possèdent un diamètre d’environ 1,40 m. Un filet d’eau coule derrière le décrottoir de façon à ce que la terre ne colle pas sur le plateau de fer. Il faut compter environ mille litres d’eau par demi-journée.

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