Loiret Agricole et Rural 02 novembre 2013 à 08h00 | Par OJ

Portrait - Jean-Michel Léger, le maître de cérémonie du comice de Gien

L'agriculteur de Saint-Martin-sur-Ocre s'implique à fond dans tout ce qu'il entreprend et le rendez-vous estival n'échappe pas à la règle !

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Jean-Michel Léger exploite 126 ha de céréales ainsi qu'un élevage porcin. © D.R. Le concours de labour constitue l'un des temps forts du comice, à l'image de ce qui s'est passé l'été dernier à Sully-sur-Loire. © D.R.

Depuis cinq ans, Jean-Michel Léger préside l'association organisatrice du comice de Gien. « Je suis membre de celle-ci depuis vingt-cinq ans. J'ai toujours participé au comice comme adhérent. Ensuite, je suis devenu trésorier adjoint. Puis on m'a demandé de devenir président. J'aime bien m'occuper de ce type d'évènement et, lorsque je m'implique dans quelque chose, c'est à fond ! L'enjeu : parler de l'agriculture telle qu'elle est aujourd'hui. » Notons que l'homme est aussi le vice-président de la foire des cours de Gien : celle-ci se tient le deuxième dimanche de Carême.

« Le comice crée des relations avec les mairies, les associations et les commerces : c'est quelque chose d'humain. » Chaque année, l'évènement a lieu dans un chef-lieu de canton différent de l'arrondissement : Gien, Briare, Ouzouer-sur-Loire, Châtillon-sur-Loire, Sully-sur-Loire et Coullons. Sur le plan administratif, la cité coullonnaise n'est pas un chef-lieu de canton. Toutefois, elle avait l'habitude d'organiser un comice : elle a rejoint l'association.

« Normalement, présider l'association n'est pas une tâche trop lourde » commente Jean-Michel Léger. Dans chaque canton, il y a une équipe de sept personnes, dont un président cantonal. Depuis cinq ans, notre interlocuteur a également demandé à ce qu'il y ait des stagiaires : au nombre de deux par canton, ces personnes participent aux réunions mais n'ont pas le droit de voter.

Budget : entre 17.000 et 21.000 EUR

Lorsque le comice se tient sur son territoire, le président cantonal en assure l'organisation : contacts avec les exposants, les maires, les commerçants, etc. « Je participe à quelques réunions et j'assure une forme de coordination. Mais comme j'aime m'occuper de tout, je m'implique autant qu'un président cantonal ! »

Selon le bénévole, « les cantons de Châtillon-sur-Loire et de Coullons fonctionnent bien car les gens ont le temps de s'occuper de la manifestation ». Quand tout est à peu près calé, le programme est présenté au bureau : un président, un vice-président, un secrétaire, un secrétaire adjoint, un trésorier et deux trésoriers adjoints. « On valide le programme et on met des financements en face, en sachant qu'on a demandé des subventions en fonction de ce que les cantons ont élaboré. »

Le budget est compris entre 17.000 et 21.000 EUR. La commune d'accueil de l'évènement apporte sa contribution ainsi que le Conseil général (25 %). Les organisations agricoles et les concessionnaires mettent également au pot.

« La principale difficulté consiste à mobiliser les agriculteurs : du fait de la conjoncture, les gens sont dégoûtés. Vers 1978, les agriculteurs étaient contents de venir au comice, tout comme les concessionnaires. Heureusement, il y a des acharnés qui reviennent tous les ans. En revanche, on trouve des bénévoles assez facilement : le réseau cantonal est un vivier. Lors de l'évènement, un petit groupe d'une dizaine de personnes pour préparer le site et notamment installer la paille, c'est bien. »

Une remise en cause

Les 2 et 3 août 2014, le comice aura lieu à Gien, canton dont Jean-Michel Léger est le vice-président. Sont déjà prévus : des expositions d'animaux, des concours de labour, des expositions de matériel agricole, des visites de fermes, etc. Un nouveau comité des fêtes s'est mis en place à Gien : celui-ci choisira le thème festif.

« Quand on organise une exposition d'animaux, il faut demander l'autorisation à la Préfecture. » Le 20 août dernier, celle-ci a écrit à Jean-Michel Léger pour lui dire que, lors du comice de Sully-sur-Loire, les animaux n'étaient pas à l'ombre (lire par ailleurs). « Où vais-je installer les animaux à Gien ? » s'interroge le maître de cérémonie. « Cela remet en cause la foire primée de Sully-sur-Loire ainsi que la foire des cours de Gien. »

Le président de l'association va écrire à Michel Masson, président de la chambre d'agriculture du Loiret, à Xavier Beulin, président de la FNSEA, ainsi qu'aux parlementaires du département. « On a de plus en plus de contraintes administratives » conclut Jean-Michel Léger.

Que dit la Préfecture ?

Le courrier de la Préfecture du Loiret daté du 20 août 2013 et adressé à Jean-Michel Léger en recommandé avec accusé de réception fait état, lors du comice de Sully-sur-Loire du 27 juillet dernier, de « mauvaises conditions d'hébergement des animaux : température caniculaire, associée à une absence de zone ombragée pour les animaux ».

Ledit courrier rappelle les termes de l'arrêté préfectoral du 7 janvier 2010 réglementant les rassemblements d'animaux des espèces bovine, ovine, caprine, porcine, équine et asine dans le département du Loiret : « Les animaux sont présentés dans des conditions compatibles avec leurs besoins physiologiques : en particulier, ils doivent disposer d'un espace suffisant et être protégés du soleil, des intempéries et des variations de température. S'ils sont attachés, l'attache doit leur permettre de se coucher. Ils doivent être abreuvés et nourris régulièrement et être isolés du sol par une litière ou tout autre revêtement ayant la même propriété. Les espèces sont séparées et des précautions sont prises pour les individus qui pourraient présenter un danger vis-à-vis de leurs congénères. »

Une infraction au code rural

D'après la Préfecture, les faits constatés à Sully-sur-Loire « constituent une infraction à l'article R.214-18 du code rural et de la pêche maritime punie d'une amende de 750 EUR pour une personne physique et de 3.750 EUR pour une personne morale ».

Le courrier se poursuit en ces termes : « Par conséquent, pour l'ensemble des prochaines manifestations que vous organiserez, nous vous demandons de veiller plus amplement au respect des règles de protection animale. À défaut, la constatation de faits similaires pourrait mener à la rédaction d'un procès-verbal et à prononcer à votre encontre une interdiction d'organiser des expositions ! »

D'autre part, pour ses futures demandes d'autorisations de manifestations, Jean-Michel Léger devra faire parvenir à la Préfecture les éléments suivants :

- Le nom du vétérinaire sanitaire désigné pour le contrôle.

- Le nom du titulaire du certificat de capacité en lien avec les activités envisagées, responsable de la manifestation le cas échéant.

- Le règlement intérieur de l'exposition, s'il existe.

- Un plan coté localisant le secteur alloué à l'exposition.

- La surface réservée à cet emplacement.

- Un descriptif des dispositifs et/ou des moyens mis en place pour protéger les animaux du soleil, des intempéries et des variations de températures.

- Un descriptif des installations d'hébergement (nature des dispositifs et taille).

- Un descriptif des dispositifs d'isolement des animaux vis-à-vis du public.

- La nature des revêtements de la zone.

« En l'absence de l'envoi des éléments précités et si l'étude de ces informations met en évidence des conditions d'hébergement insuffisantes, nous ne pourrions pas vous accorder la dérogation pour organiser l'exposition » conclut la missive.

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