Loiret Agricole et Rural 12 février 2015 à 12h00 | Par Olivier Joly

Fabrice Rondeau : «Ici, il y a un gros potentiel»

Un dirigeant qui s’inscrit dans le long terme et une volonté de rétablir la confiance : la filiale française du fabricant italien se fixe de nouveaux objectifs.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
Fabrice Rondeau est en poste depuis juin dernier. (© Olivier Joly) Dracula, le nouveau déchaumeur combiné, est doté de disques d’un diamètre de 610 mm. © Maschio-Gaspardo Robustesse, fiabilité et sécurité sont trois des atouts de Katia. © Maschio-Gaspardo Le semoir Corona existe désormais en versions trois et quatre mètres. © Maschio-Gaspardo Le broyeur Giraffina est conçu pour répondre à une utilisation avec des tracteurs légers et peu puissants. © Maschio-Gaspardo

«Je suis issu à 100 % du machinisme agricole» déclare Fabrice Rondeau. Depuis le mois de juin, celui-ci dirige la filiale française de Maschio-Gaspardo. Auparavant, l’homme, riche d’une expérience professionnelle de quarante ans, avait exercé durant trois ans au sein du groupe AGCO à Beauvais (Oise). L’intéressé provenait de Laverda et, en 2011, AGCO avait racheté le groupe italien. En Picardie, le professionnel exerçait les fonctions de directeur commercial récoltes pour la France : il avait pour mission essentielle le développement des ventes de moissonneuses-batteuses AGCO et de presses haute densité Massey-Fergusson sur le territoire français. «Le métier est en perpétuel renouvellement et il y a une relation forte entre le fournisseur, le concessionnaire et le client final.»

Notre interlocuteur a connu six déménagements dans sa carrière : «J’ai une meilleure compréhension des clients : on ne traite pas de la même manière un producteur en grandes cultures et un vigneron du Sud de la France.» Pourquoi avoir rejoint Maschio-Gaspardo ?
«J’avais plusieurs choix répond Fabrice Rondeau. Ici, il y a un gros potentiel : les produits sont de qualité mais le groupe n’est pas au niveau où il devrait être. Je veux faire de cette filiale un acteur premium, incontournable et profitable sur le marché français.»

Trois pôles

Lors de son arrivée, le dirigeant a effectué un diagnostic complet de l’entreprise et a défini une stratégie. «Mon objectif est d’atteindre la profitabilité en 2015. Notre filiale a vite grandi : nous sommes passés de vingt à quarante personnes en deux ans. Avec un tel effectif, il faut que je développe le chiffre d’affaires : cinquante millions d’euros en 2017.» Cela passe par une réorganisation des services et une réorientation de l’entreprise.

Fabrice Rondeau a constitué trois pôles. La division commerciale s’articule autour d’un responsable des ventes au niveau national supervisant douze inspecteurs commerciaux et de deux chefs produits. L’un pour Maschio-Gaspardo et l’autre pour Unigreen et Feraboli. Le deuxième pôle concerne l’administration des ventes et la logistique. Quant à la troisième unité, elle est composée du service technique et des pièces détachées, qui ne font plus qu’un. En outre, un contrôleur de gestion a été nommé : cette personne sera en lien direct avec l’usine. Commentaire du directeur de la filiale : «J’ai mis en place une équipe soudée et réactive pour une prise de décision commune en limitant les interférences. Ce qui compte, c’est la satisfaction du client.»

Quid de la différence de culture ?

Dans son état des lieux, le dirigeant a noté les atouts de l’entreprise : « Une belle gamme de produits : la herse rotative, le semoir de précision, le déchaumeur, la presse à balles rondes, le pulvérisateur, etc. Toutefois, nous souffrons d’un problème de renommée mais cela se solutionne facilement par de la volonté et de la persévérance.»
En revanche, le non-respect des délais de livraison et des oublis d’accessoires constituent de vraies lacunes. «Il faut que je rétablisse la confiance du personnel et du réseau déclare Fabrice Rondeau. Pour cela, il faut prouver qu’on est bon : si une pièce détachée était acheminée à plus de trois jours, il faut arriver à vingt-quatre ou quarante-huit heures. Les succès du futur s’enracinent dans la valorisation des victoires du passé et l’analyse des échecs d’hier.» Notre interlocuteur inscrit son action dans le long terme : cinq ou six ans. Or, ces dernières années, l’entreprise a connu une valse des dirigeants… «J’ai encore soif d’apprendre, même ici.»

Quid de la différence de culture entre la France et l’Italie ?

«En Italie, c’est tout, tout de suite. En France, on diagnostique, on élabore un plan et on récolte les fruits. L’Italien est un commerçant dans l’âme mais il a du mal à valoriser son produit par méconnaissance de l’approche marketing. La façon de promouvoir un produit est différente d’un pays à l’autre. Mon ambition est d’associer les forces de l’Italie et les idées de la France pour promouvoir un produit et lui donner toutes les chances de succès. Nos deux cultures se rapprochent : nous avons trois mille ans d’histoire commune !»

CV express

• 1975-1977 : chef d’agence technique chez Degraeve et Coulhon, concessionnaire Deutz-Fahr.
• 1977-1978 : technico-commercial chez Braud SA.
• 1979-1983 : inspecteur commercial chez Braud SA.
• 1983-1985 : chef de zone chez Renault Agriculture.
• 1986-1989 : inspecteur commercial chez Claas.
• 1989-1992 : directeur de la succursale de Chartres de Claas.
• 1992-2004 : directeur de la succursale de Seine-et-Marne de Claas.
• 2004-2005 : directeur commercial de Grecav France.
• 2005-2011 : directeur commercial France de Laverda.
• Août 2011 - mars 2014 : directeur commercial récoltes chez AGCO Distribution S.A.S..
• Depuis le 23 juin 2014 : directeur de la filiale française de MASCHIO-GASPARDO.

La chambre variable répond aux besoins des éleveurs désireux de décider de la dimension finale de la balle.
La chambre variable répond aux besoins des éleveurs désireux de décider de la dimension finale de la balle. - © (Photo Maschio-Gaspardo)

Des dents de Dracula à la chambre variable : zoom sur la nouvelle gamme

Dracula : c’est le nom du nouveau déchaumeur combiné (neuf dents et dix-huit disques) de Maschio-Gaspardo. L’angle de coupe des disques est de vingt-deux degrés et leur diamètre de 610 mm. «Cela permet un plus gros foisonnement du sol» indique Xavier Thénault, chef de produit. «L’outil se rapproche d’un cover-crop : le travail est plus profond (NDLR : 30 cm au maximum) qu’avec un déchaumeur à disques indépendants classique.» L’engin, d’un poids de huit tonnes, offre une largeur de travail de quatre mètres (trois mètres en transport) et nécessite une puissance de traction se situant entre 280 et 360 CV.

Du côté des épareuses, évoquons Camilla et Katia. Leur nouveau design les met au goût du jour.» Mais le chef de produit insiste surtout sur la robustesse, la fiabilité et la sécurité des deux machines : «Le graissage centralisé facilite la maintenance. Les amortisseurs et les charnières sont renforcés. En outre, il y a une double-inclinaison : lorsque la machine rencontre un obstacle, cela évite d’abîmer un composant.» Le bras de Katia est déporté : il revient jusqu’au niveau de la cabine, facilitant le contrôle visuel du travail. En revanche, celui de Camilla reste à l’arrière.

 

Le semoir Corona existait depuis un an et demi et pour une largeur de travail de six mètres. Les versions trois et quatre mètres en châssis fixe font leur apparition. Elles sont conçues de la façon suivante : deux rangées de disques (370 mm de diamètre pour des profondeurs de semis allant jusqu’à huit centimètres) type déchaumeur à disques indépendants, une rangée de pneus servant de rouleau de rappuis et une barre de semis.

En l’occurrence, c’est le modèle Perfecta, qui existait déjà. «Chaque double-disque et la
roue de rappuis étant montés sur un parallélogramme indépendant, on peut régler la profondeur de semis et la pression de l’élément : cela permet de semer dans toutes les conditions.»
Ces semoirs en versions trois et quatre mètres sont adaptés aux régions de polyculture-élevage.

 

Des diamètres allant de 50 à 165 mm

Giraffina, un broyeur, est conçu pour répondre à une utilisation avec des tracteurs légers et peu puissants. «Équipé de couteaux, de marteaux et de contre-couteaux, il combine agilité et précision de coupe dans toutes les conditions de travail. Les ustensiles sont conçus pour toujours assurer une coupe précise et régulière ainsi qu’une longueur uniforme.» N’oublions pas la presse Feraboli à chambre à géométrie variable : Extrême 365 est innovante grâce à son système à deux bras, composé de deux tendeurs de bras à chaine qui travaillent ensemble pour s’opposer efficacement à l’action de compression hydraulique. Pendant que le bras principal détermine la dimension du cœur de la balle, le second bras compense automatiquement la tension de la chaine. Le pressage débute seulement après que la présélection des dimensions ait été effectuée : les vérins hydrauliques du bras tendeur principal exercent la pression requise sur les couches successives afin de donner à la balle la bonne densité et le poids et le compactage désirés. La chambre variable permet de changer la densité finale de la balle afin de donner la dimension du cœur et les caractéristiques souhaitées. Le système peut être prédéfini mécaniquement, en utilisant la commande de régulation de l’équilibrage, ou électroniquement, en choisissant une large gamme de paramètres sans avoir à descendre du tracteur. La chambre variable répond aux besoins des éleveurs désireux de décider de la dimension finale de la balle. L’Extrême 365 propose des diamètres allant de cinquante à cent soixante-cinq millimètres.

 

Enfin, un mot sur Talpa, l’épandeur de digestat automoteur. Trois essieux, six roues motrices et un châssis articulé. Pression au sol : 2,8 kg/cm2. Capacité : 12.000 litres. Longueur : 9,50 m. Largeur : 2,50 m, l’engin reste donc au gabarit route. Hauteur : 4 m. Garde au sol : 1,65 m, permettant de passer à différents stades de cultures. Pour accéder à la cabine, il y a une plateforme qui monte et qui descend. La machine est dotée d’un enfouisseur et d’un bras de pompage se raccordant à la cuve contenant le digestat.

Le groupe en un coup d’oeil

• Chiffre d’affaires 2013 : 280.000.000 €, en hausse de 20 % par rapport à 2012.
• Plus de 60.000 machines produites en 2013.
• Exportations : 85 %, dans cent pays à travers le monde.
• Effectifs : 2.000 salariés.
• Trente gammes de produits (travail du sol, semis, pulvérisation et fenaison).£
• Seize usines de production (Italie, Chine, Inde et Roumanie).
• Onze filiales commerciales dans le monde (France, Chine, Allemagne, Espagne, Iran, Pologne, Roumanie, Russie, Turquie, Ukraine et États-Unis).

Croissance externe
En deux ans, le constructeur transalpin a procédé à trois acquisitions majeures : Unigreen, qui fabrique des pulvérisateurs, Feraboli, spécialisé dans la fenaison, et Moro, qui fabrique des charrues et des outils pour le travail du sol.

La filiale française un coup d’oeil

• Localisation : La Ferté-Saint-Aubin.
• Chiffre d’affaires 2013 : 25.000.000 € (35.000.000 € pour la filiale allemande). 17.000.000 € en 2012.
• Effectifs : quarante salariés.
• Réseau commercial : trois cent quatre-vingt concessionnaires.

 


Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Loiret agricole & rural se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 19 unes régionales aujourd'hui