Loiret Agricole et Rural 15 octobre 2013 à 08h00 | Par Alicia Martin

Revendications - Mise au point avec le préfet du Loiret

La FDSEA, représentée par les membres du bureau, a organisé un point d’étape sur les dossiers en cours avec le Préfet du Loiret Pierre-Etienne Bish, et le sous-préfet de Montargis et la DDT.

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Fonctionnement des robots de traite expliqué au Préfet sur l’exploitation du GAEC Petit. (© Loiret agricole et rural) L’implantation des CIPAN présentée au Préfet © Loiret agricole et rural Présentation des différents dossiers sur l’exploitation du GAEC Chambon © Loiret agricole et rural

La visite a eu lieu le mercredi 9 octobre sur deux exploitations du Loiret, l’exploitation céréalière des frères Marc et Francis Chambon à Pannes et l’élevage laitier de Gérard Petit et de ses fils Nicolas et Benjamin à Villemoutiers. Le Préfet du Loiret et de la Région Centre Pierre-Etienne Bisch accompagné du sous-préfet de Montargis Paul Laville, de Simone Saillant, Directrice de la DDT, Selma Thiéblemont, chef de service du Service agriculture et développement rural à la DDT étaient présents.

Les périmètres de captage

L’exploitation de Messieurs Chambon se situe à proximité du bassin de captage de l’Aulnoy, constitué de 3 forages. Les périmètres de protection sont en cours de définition et le siège d’exploitation serait, selon le zonage, dans le périmètre rapproché du troisième forage, à plus de 600 m et le mieux protégé. Cette problématique touche beaucoup d’exploitations du Loiret et impose des difficultés supplémentaires notamment pour la gestion des produits phytosanitaires. La profession agricole considère qu’avant de contraindre les agriculteurs, il est nécessaire que les forages soient remis aux normes avant la définition des périmètres de captage. Il est important de se battre pour que les sièges d’exploitation ne se situent pas dans les périmètres rapprochés car les contraintes risquent d’être problématiques.

La Directive nitrates

La FDSEA a abordé les grandes problématiques comme le calendrier et les règles d’épandage, l’implantation obligatoire des CIPAN ou encore la dérogation terres argileuses. Le Préfet reconnait que le calendrier est très serré et qu’il était intéressant de commencer à travailler le sujet bien à l’avance. Jean-Jacques Hautefeuille, président de la commission environnement a exprimé sa crainte en précisant que « le 5ème programme d’action risquait de devenir le livre de chevet des agriculteurs qui devront le consulter pour chaque décision prise sur leur exploitation ». Quant à l’obligation d’implantation systématique des CIPAN et le maintien de la dérogation terres argileuses, ces points sont à défendre en priorité. Notre département comprend beaucoup de zones argileuses et travailler ces terres pour implanter des CIPAN ou les détruire reste techniquement et agronomiquement compliqué. La FDSEA 45 confirme la nécessité d’utiliser de bilan post-récolte pour décider de l’opportunité d’une CIPAN. La valorisation environnementale des CIPAN n’existe que si le bilan post-récolte est négatif. Les exploitants gèrent leurs apports azotés au plus juste car ils savent par exemple qu’une orge de printemps sera dévalorisée si son taux de protéine est trop élevée, tout comme des betteraves avec trop d’azote produiront moins de sucre, a ajouté Jean-Marc Leluc. Le Préfet souhaite faciliter l’utilisation de tels outils et comprend notre volonté mais souhaite rester dans le cadre réglementaire européen.

La réforme de la PAC

Cédric Benoist, président de la section grandes cultures, a réaffirmé la positon de la FDSEA 45 sur la réforme de la PAC face au contexte du département: des références historiques plus élevées sur certaines exploitations. La surprime des 52 premiers hectares est une mauvaise idée tout comme la convergence rapide, souhaitées par le ministère et annoncées par le Président François Hollande. En France, la convergence n’a pas été faite alors que pour d’autres pays c’est déjà le cas depuis la dernière réforme précise Cédric Benoist, la marche serait grande pour la faire de façon rapide : elle doit être progressive. Et ajoute qu’une aide cyclique pourrait être une meilleure orientation : toucher un maximum d’aide compensatoire lorsque l’exploitation en a vraiment besoin.  Mais en attendant qu’un tel système voit le jour un niveau de DPU minimum s’impose.

L’irrigation

Jean-Marc Leluc, président de la commission hydraulique est entré dans le vif du sujet en évoquant le recours organisme unique qui est pour le moment stoppé. La FDSEA réclame une entrevue avec l’administration pour le faire avancer le plus rapidement possible. Nous dénonçons que les seuls sujets soient restrictions, limitations et décroissance. Il faut mener à bien des projets de stockage, de soutien d’étiage des rivières, recharge des nappes souterraines et de recyclage des eaux grises (exemple de l’usine ICT à Pannes) pour permettre aux agriculteurs de continuer à irriguer. Un sujet qui ne manquera pas d’être repris ultérieurement lors d’autres réunions tant il est important pour le Loiret.

L’élevage

Le cadre idéal de l’exploitation de Messieurs Petit a permis d’aborder les difficultés rencontrées par l’élevage laitier dans notre département. Le prix du lait, la difficulté de maintien des exploitations pour les mises aux normes et l’isolement technique remettent en cause la profession. C’est une aberration d’augmenter le temps de stockage des fumiers comme le prévoit le 5ème programme de la directive nitrates. La modification du calendrier et des règles d’épandages engendreraient des investissements supplémentaires pour une nouvelle mise aux normes. Alors que le remboursement de la précédente se termine seulement. Cela risquerai d’être compromettant pour la continuité de l’élevage dans le département a précisé Bruno Verkest, président de la section lait FDSEA appuyé par Jean-Willem Coppoolse, président des JA du Loiret.

De même pour l’aviculture, il est crucial de mener un état des lieux de la filière. Une réunion de relance de la filière dans le département sera prochainement organisée par l’ensemble des acteurs.

Enfin, le Préfet est frappé par la diversité des problématiques sur la région Centre. Il tient à communiquer son estime à l’ensemble de la profession agricole car elle demande beaucoup d’expertise technique et de capacité de gestion surtout pour la jeune génération. Le Préfet avec les dossiers présentés par la FDSEA : les périmètres de captage, la directive nitrates, la réforme de la PAC, l’irrigation et l’élevage ; a tous loisirs d’apporter son soutien à l’agriculture départementale.

La FDSEA tient à remercier tout particulièrement les familles Chambon et Petit pour leur accueil très chaleureux et leur disponibilité tout au long de la préparation et du déroulement de la visite.

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