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Déchaumage : la Cuma de Sully-sur-Loire tape dans le mille

L’entité dispose d’un déchaumeur à dents et d’un déchaumeur à disques : en 2013, ils ont permis de travailler plus de mille hectares.

L’an dernier, 350 ha ont été travaillés au déchaumeur à dents. Celui-ci est équipé d’un semoir pour les Cipan, tout comme le déchaumeur à disques.
L’an dernier, 350 ha ont été travaillés au déchaumeur à dents. Celui-ci est équipé d’un semoir pour les Cipan, tout comme le déchaumeur à disques.
© Olivier Joly

Matériel de culture et pommes de terre : ce sont les deux activités principales de la Cuma de Sully-sur-Loire. Une quarantaine d’adhérents pour un chiffre d’affaires de 55.000€. La section matériel est à l’origine de la coopérative (une trentaine d’adhérents et un chiffre d’affaires de 35.000€). On y trouve : quatre remorques de quinze tonnes, un plateau à paille, un plateau porte-matériel, un broyeur, un décompacteur, un déchaumeur à dents avec semoir pour Cipan, un déchaumeur à disques avec également un semoir pour Cipan et un épandeur à fumier. Montant de la part sociale : 200€ par engin.

Les quatre remorques servent pour les récoltes (moissons, maïs et pommes de terre) ainsi que pour l’ensilage, voire le fumier. «Souvent, les gens ont besoin des remorques en même temps explique Jean-Noël Guibert, le président de l’entité. Au début, nous en avions deux. Puis, il y a une dizaine d’années, nous sommes arrivés à quatre : la moisson doit se faire dans des délais de plus en plus courts. Globalement, on arrive à contenter tout le monde.» Coût d’utilisation de la remorque : 48€ la journée.

En 2013, la Cuma a enregistré cent seize jours d’utilisation pour l’ensemble de ses quatre remorques. Légèrement moins qu’en 2012 : cent quarante-huit jours. «Elles sont à peu près amorties» commente le président de la coopérative. Les quatre remorques datent respectivement de 2006, 2005, 2004 et 1996. «Elles sont en bon état : il n’y a aucune raison de changer. Ce n’est pas du matériel qui s’use beaucoup, à part les pneus. On fait attention à les changer régulièrement afin d’être en conformité avec la réglementation quand nous nous rendons sur la voie publique.»

Un investissement de 29.000 €

Le dernier investissement en date a eu lieu en 2012 : 29.000€ pour un déchaumeur à disques. «Un outil très demandé par les adhérents à cause des Cipan.» L’entité disposait d’un engin à dents : elle l’a conservé. «Certains préfèrent l’un ou l’autre. Ils ne font pas le même travail : le déchaumeur à disques permet d’accomplir un travail plus fin. Avec le déchaumeur à dents, le travail est plus grossier mais on élimine mieux les mauvaises herbes.»

En 2013, 664 ha ont été travaillés avec le déchaumeur à disques et 350 l’ont été avec son équivalent à dents. Dans les deux cas, le coût d’utilisation, défini à l’hectare travaillé, est similaire : respectivement 12 et 13 €. «Le premier sera amorti sur cinq ans : il nous a coûté un peu moins cher car il y eut une reprise (NDLR : 10.000 €)Quant à l’engin à dents, acquis en 2008, son amortissement est prévu sur sept ans : une échéance qui interviendra dans un an. «Nous étudierons la question de son renouvellement le moment venu. Les adhérents sont plutôt satisfaits de l’outil : il est fort possible que nous repartions sur le même matériel mais je ne décide pas tout seul !»

Une réflexion est en cours concernant le renouvellement de l’épandeur : un engin acquis en 2010 pour 24.400 €. En 2013, plus de mille épandages ont été réalisés par une quinzaine d’éleveurs au tarif de 6,50 € l’opération. «Un matériel très utilisé et, plutôt que d’avoir de gros frais d’entretien, nous préférons procéder à un renouvellement régulier, tous les trois ou quatre ans, et garder un matériel performant.»

Le broyeur sert pour le maïs et la jachère. Un outil changé en 2013. Montant de l’investissement : 11.000€. Durée d’amortissement : cinq ans. Coût d’utilisation : 20€ de l’heure. Bilan 2013 : cent vingt heures d’utilisation. Un matériel porté d’une largeur de travail de 3,20 m, soit quatre rangs de maïs. «Pour aller sur la route, il ne faut pas dépasser 3,50 m. L’ancien outil était plus large. Conséquence, il fallait l’atteler en long : remettre des roues sur les côtés. Ce n’était guère pratique !»

À partir de la Sange

La section pommes de terre, qui réalise un chiffre d’affaires de 12.500€, concerne six adhérents. Près de cinquante hectares ont été récoltés cette année. Les engins mutualisés sont les suivants : une planteuse, une butteuse, une arracheuse, un déterreur avec table de visite et un élévateur télescopique. Commentaire de Jean-Noël Guibert : «Je suis à l’origine de l’activité, née il y a une quinzaine d’années d’une volonté de diversification. À l’époque, la question était la suivante : comment faire pour investir ? La Cuma de Sully-sur-Loire existait : créer une section pommes de terre en son sein paraissait plus simple que de fonder une nouvelle entité. Au départ, nous avons tout acheté car nous partions de rien. Mais nous étions plus nombreux : nous avons fait jusqu’à quatre-vingts hectares. Depuis, certains sont partis en retraite. D’autres ont arrêté car ils ont éprouvé une certaine lassitude : toute la production était vendue en direct, ce qui prenait du temps. Et lorsque le cours du blé était élevé, les agriculteurs ont été incités à réduire leur production de pommes de terre et à faire plus de céréales. Tout dépend de la conjoncture. En 2014, les prix des céréales et des pommes de terre sont à un faible niveau !»

L’arracheuse a été renouvelée en 2013. Un investissement de 40.000€. Le montant de la part sociale s’élève à 290€ l’hectare engagé. Quant au coût d’utilisation, il est de 360€ par hectare travaillé (chiffre 2013). «Nous louons un tracteur à un concessionnaire pour mettre l’arracheuse dessus » indique Jean-Noël Guibert. La Cuma ne disposant d’aucun tracteur, cela obligerait à utiliser celui d’un adhérent, ce qui bloquerait une machine et poserait le problème de l’indemnisation. « C’est la raison pour laquelle nous louons un tracteur et c’est la coopérative qui paye. » Le président de l’entité décrit le déroulement des opérations : « Avec le tracteur, on va dans le champ et on arrache. Un autre tracteur roule à côté avec une remorque et récolte les pommes de terre. On amène la remorque à la ferme : on vide son contenu dans le déterreur puis celui-ci passe sur la table de visite. Des personnes éliminent les cailloux et les pommes de terre qui ne sont pas conformes. Puis l’élévateur télescopique déverse la production dans la benne du camion pour l’expédition.»

L’irrigation constitue la dernière activité de la Cuma de Sully-sur-Loire. Quatre adhérents. «On arrose à partir d’une petite rivière : la Sange. Et quand le débit de cette dernière est insuffisant, on met en route le pompage de la Loire afin de réalimenter la rivière.» Seul le pompage de la Loire est en Cuma : chaque adhérent a gardé son propre arrosage. Le forage a été construit au pied de la levée de la Loire. Le moteur de la pompe fonctionne à l’électricité. À pleine puissance, celle-ci génère un débit de deux cents mètres cubes par heure. Un système non utilisé en 2013 et 2014.

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