Loiret Agricole et Rural 03 juin 2016 à 09h00 | Par Sabrina Beaudoin

Visite d’essais de la plateforme Adarel à Griselles

Le GDA du Gâtinais de l’Est et la chambre de l’agriculture ont organisé vendredi 27 mai la visite de la plateforme d’essais à Griselles

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Boris Lorne explique les résultats des essais azote sur blé © Sabrina Beaudoin Démonstration du quad tarière © Sabrina Beaudoin Thierry Bordin détermine le type de sol au toucher © Sabrina Beaudoin

Le GDA (Groupement de Développement Agricole) du Gâtinais de l’Est s’est retrouvé vendredi 27 mai chez Thierry Rondeau, à Griselles. La plateforme d’essais permet aux adhérents du GDA de découvrir les travaux menés par les conseillers.

Malgré la pluie tombée la veille, le soleil était au rendez-vous durant la matinée ce qui a permis aux agriculteurs de découvrir plusieurs thématiques d’essais portant sur différentes cultures.

Essai azote sur blé tendre d’hiver

« Il a été choisi de réaliser un essai azote parce que c’est une problématique d’actualité »
avoue Boris Lorne. Les protéines et le rendement sont les objectifs premiers à atteindre par l’agriculteur mais avec la directive Nitrates qui limite les doses, atteindre la cible devient de plus en plus complexe. Boris Lorne et Romain Salles de la chambre d’agriculture ont présenté plusieurs combinaisons possibles : « fractionner l’azote ou non, plus ou moins 40 unités, tester plusieurs formes d’engrais : solution azotée +15% pour compenser la volatilisation, solution azotée + Azokeep (un agent qui inhibe l’hydrolyse de l’urée en ammoniaque), l’ammonitrate en 4 passages, dates d’apports différentes, utilisation d’un outil de pilotage ou pas, produits de fin de cycle » précise le conseiller.

Le reliquat azoté de janvier prévoyait une dose de 205 unités sur cette parcelle.

Les essais disposent toujours d’un témoin, qui permet de voir la réaction naturelle de la culture. « Ici notre témoin sans azote nous montre la production naturelle par minéralisation du sol » informe Boris Lorne.

Pour Boris Lorne, il faut fractionner l’azote ou utiliser un agent inhibiteur.
« L’ammonitrate ça coûte cher alors on peut travailler avec un agent qui permet de limiter l’hydrolyse de l’urée. L’hydrolyse se fait lentement et sur la durée. Le NH4 se libère et se transforme en nitrates. La plante a alors le temps d’absorber ce dont elle a besoin au moment où elle en a besoin » précise-t-il.  Le fractionnement permet également de mieux nourrir la plante. « Si on donne régulièrement à manger à la plante, elle va mieux se développer » poursuit-il.

Les premiers enseignements de l’essai sont donc tournés vers le fractionnement et les produits à base d’urée mais pas seulement. Le drone a été utilisé sur cette parcelle. Cet outil de pilotage permet de savoir si les doses prévues par le reliquat azoté sont justes ou non.  « Il existe plusieurs outils de pilotage. Ici nous avons testé le drone. Le reliquat de janvier est à suivre à minima. Ce n’est qu’une hypothèse. C’est pour ça qu’il faut utiliser un outil plus tard pour connaître les réels besoins du sol. Ici on avait prévu 205, l’outil prévoit 213. On mettra 213. On est dans notre droit. Si le drone avait prévu 260, on aurait mis 260 ! » explique-t-il.

Le reliquat azoté est à ajuster par le biais d’outil de pilotage ce qui permet de voir où il manque de l’azote.

Un autre sujet a fait débat autour de Boris Lorne et des agriculteurs présents pour la visite : l’apport du souffre ! «  Nous avons constaté qu’un apport de souffre précoce (courant ou fin tallage) permet d’aider la plante à mieux absorber l’azote. Si vous l’apportez un peu tard, la plante est moins efficace dans l’absorption de l’azote. Le souffre permet de valoriser l’azote s’il est mis au bon moment. »

Démonstration du quad tarière

Faire son reliquat azotée mécaniquement c’est aussi possible. La Cuma départementale a investit il y a 4 ans dans un quad tarière. Cette Cuma a la particularité de pouvoir travailler sur l’ensemble du département. « Ce matériel travaille sur cinq Cuma différentes (Varennes, Chatillon-Coligny, Saint-Maurice-sur-Aveyron, Château-Renard et  Ferrières-en-Gâtinais) Il est fabriqué par Brard et Sarran spécialisé dans ce type de matériel spécifique » précise Christian Gangloff, responsable atelier quad.

Ce matériel est utilisé pour recueillir les prélèvements de sol : analyses de sol ou reliquats azotés en début d’année.

«  Le principe est de prendre un échantillon sur 30 cm d’épaisseur, l’un au dessus de l’autre successivement et on peut arriver jusqu’à 90 cm mais à 80% on s’arrêtera à 60 cm. Ensuite, les échantillons tombent dans le bac directement »

Pour faire de bons reliquats azotés dans une parcelle, il faut faire 10 prélèvements. En pratique, les agriculteurs, à la main, en réalisent 2-3. Avec le quad, la précision est un peu plus de rigueur puisque 5-6 prélèvements sont réalisés.

« Ici, on est plus précis et tout est mécanique donc on se fatigue moins. Le quad peut faire 15 parcelles par jour (donc entre 75 et 90 analyses) » poursuit-il.

Le quad offre un certain confort de travail à l’agriculteur et surtout plus de précision.

L’investissement de 23 000 € (quad + remorque de transport) a pour objectif de réaliser 300 parcelles par an.
« Pour le moment on est à 250. Ce qui est déjà bien » souligne-t-il.

La FD Cuma 45 présente sur la plateforme en profite pour annoncer sa journée pneumatique le 15 septembre 2016 à Beaune La Rolande.

Caractériser une réserve utile

Durant la matinée d’essais, un atelier Irrigation tenu par Thierry Bordin était présenté. L’objectif était de démontrer que Net-Irrig, outil d’aide au pilotage de l’irrigation à 120€ par an, permettait d’optimiser et de sécuriser les apports en eau. Pour cela, un point essentiel est à prendre en compte : connaître sa réserve utile. Pour cela, il faut évaluer la structure dominante du sol.

« Si on sous estime sa réserve, on arrosera de trop, si on surestime, le logiciel ne verra pas le stress hydrique. Il faut le bon paramétrage » précise Thierry Bordin.

Dans le sol, le conseiller réalise plusieurs trous. Le but est de déterminer le type de sol et sa profondeur. Après quoi, il rajoutera le taux de cailloux, facteur important sur la parcelle de Thierry Rondeau. « On touche le sol, je prends la terre en surface  et j’essaye de faire une motte mais elle se délite même si il a plu 50 mm la veille !  On sent qu’il y a beaucoup de sable et des cailloux » explique Thierry Bordin. « On continue de creuser et on recommence jusqu’à ce qu’on puisse faire une motte ».

Le conseiller est descendu à 50 cm. « Nous sommes sur un sol limoneux argilo sableux caillouteux. Le taux de cailloux est à prendre en compte car les silex ne retiennent pas l’eau ! » poursuit-il.

Une bonne connaissance de la réserve utile dans ses sols est nécessaire pour réussir son irrigation. Pour faire du maïs grains, l’irrigation est vitale. Les variétés évoluent. Les variétés tardives s’en sortent mieux. La recherche tend vers des variétés plus résistantes en stress hydrique. Cela permet un bon séchage en bout de course et les frais de stockage sont ainsi diminués.

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