Loiret Agricole et Rural 20 mars 2014 à 15h41 | Par Olivier JOLY

Session. - Aviculture, Open agrifood et PAC au menu de la chambre d'agriculture du Loiret

La session du vendredi 14 mars de l'institution consulaire était consacrée à trois dossiers majeurs : décryptage.

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Jean-Michel Billault : « Il faut maintenir les antennes locales de la DDT afin d'aider les agriculteurs. » © Loiret agricole et rural Michel Masson, au centre : « Profitons de la nouvelle PAC pour trouver des solutions innovantes ! » © Loiret agricole et rural Cédric Boussin, nouveau président des JA du Loiret. © Loiret agricole et rural Florence Dupraz : « Nous aborderons des dossiers de fond. » © Loiret agricole et rural Les débats ont duré toute la matinée. © Loiret agricole et rural

Le projet de relance de la filière avicole départementale s'articule autour de cinq axes : la connaissance des projets de chaque opérateur ; la modernisation et la compétitivité des élevages à travers des projets pilotes et un dispositif d'accompagnement en matière de conseils ; un plan d'investissements avec le double objectif de renouveler et d'agrandir le parc ; une optimisation financière afin de créer un mode d'investissement ; la création de références ainsi que le positionnement sur les programmes nationaux avec l'Institut technique de l'Aviculture et les opérateurs de la filière.

Ces points ont été présentés le vendredi 14 mars lors de la session de la chambre d'agriculture du Loiret. Alors que le foncier est une denrée rare, surtout pour un candidat à l'installation en grandes cultures, Michel Masson, président de l'entité consulaire, a souligné l'avantage de l'aviculture : « La création d'un atelier sur une surface relativement modeste permet de développer une entreprise qui tienne la route. »

Jean-Claude Prieur fit ce commentaire : « Il faut saturer les outils d'abattage : c'est un élément de compétitivité incontournable. » Les productions sous signes de qualité ne représentent que 15 de la consommation nationale. Ce qui signifie que le standard compose l'essentiel des débouchés. D'où ce commentaire de Michel Masson : « Les deux modèles peuvent coexister sans se marcher sur les pieds mais il faut savoir dans quelle charrette on monte : la grande ou la petite. Celui qui veut aller sur le grand marché doit se donner les moyens techniques et économiques d'y figurer. »

Des précautions à prendre

Élu récemment président des Jeunes Agriculteurs du Loiret et invité à assister aux travaux de l'Assemblée consulaire, Cédric Boussin fit cette demande : « Quand il y a un petit projet, il faudrait que la chambre d'agriculture accompagne le porteur car un poulailler fait toujours peur. » Réponse de Michel Masson : « Il y a quelques précautions à prendre : décaler son projet de quelques mètres afin de ne pas gêner un riverain. » Et l'élu consulaire d'ajouter : « Il est important d'expliquer aux gens qu'un élevage avicole n'est pas une centrale nucléaire ! C'est là où il y a le moins d'élevages que les projets suscitent le plus d'inquiétudes ! Si on veut produire français il faut parfois accepter qu'il y ait un élevage près de chez soi respectant les normes en vigueur dans notre pays. »

En novembre prochain, la ville d'Orléans accueillera Open agrifood. Ce forum regroupera tous les acteurs économiques du champ à l'assiette et placera la responsabilité sociale et environnementale au centre des débats (lire notre édition du 7 mars). Directrice de l'association organisatrice de l'événement, Florence Dupraz s'est exprimée en ces termes : « Le challenge consiste à donner la parole à tout le monde car on ne pourra pas progresser si on continue à opposer les différents modes de production et de distribution. Nous ne nous interdirons aucun sujet. Toutefois, pour la première édition, nous éviterons certaines questions sensibles : nous aborderons des dossiers de fond. » L'intervenante fit le lien entre alimentation et citoyenneté : « Le citoyen aura un rôle à jouer dans la définition du modèle alimentaire de demain. Notre projet ne peut fonctionner que s'il y a un vrai dialogue et non une opposition à tout ce qui sera dit. » Michel Masson reprit ces propos à son compte : « Développer ses idées en comprenant les problématiques des autres. »

Quatre retombées sont attendues : une ouverture du monde agricole sur les autres secteurs économiques ; un laboratoire d'expériences alternatives à une réglementation jugée parfois excessive ; une meilleure connaissance du monde agricole et agroalimentaire et des enjeux ; une sensibilisation des jeunes et des perspectives de recrutements plus faciles.  « L'agriculture sera au centre des débats et ce ne sera pas mal » s'est réjoui le président de la chambre d'agriculture.

Les coûts de production

La programmation 2014-2020 de la Politique agricole commune pourrait voir la ferme Loiret perdre plusieurs dizaines de millions d'euros par an. Commentaire de Michel Masson : « Notre devoir consiste à trouver des solutions pour passer ce cap difficile. Des subventions, c'est bien. Mais il vaut mieux se baser sur l'économie réelle. » En même temps qu'il prononçait ces mots, l'orateur invitait à « travailler sur les coûts de production ». D'ajouter : « Moins d'un agriculteur sur deux connaît réellement ses coûts de production : nous avons un gros travail à faire sur les aspects techniques et économiques. »

« Dans un premier temps, l'impact budgétaire de la nouvelle PAC sera sévère. Cela pourra bien se passer si les cours restent à un niveau élevé : 200 EUR la tonne de blé, cela peut encore arriver. Mais 100 EUR la tonne aussi ! » Dans ce second scénario, les agriculteurs feraient grise mine ! « Soyons inventifs ! Profitons de la nouvelle PAC pour trouver des solutions innovantes ! » a conclu le maître de cérémonie.

La télédéclaration selon Jean-Michel Billault

Du 1er avril au 15 mai, les agriculteurs pourront remplir leurs demandes d'aides aux surfaces par TÉLÉPAC. Président de la C.A.PRO.GA. la Meunière et deuxième vice-président de la chambre d'agriculture du Loiret, Jean-Michel Billault sera l'un d'eux : « La télédéclaration est présentée comme une simplification. Or, en 2012, j'avais abandonné car j'avais buté sur un problème. »

Un an plus tard, l'intéressé réessayait : « Dans les différents centres de la Direction départementale des Territoires, il existait une assistance : à Montargis, un agent m'avait facilité le travail. En une heure, c'était fait. La seule difficulté avait concerné les mesures agroenvironnementales rotationnelles : c'était la première année qu'on pouvait le faire par télédéclaration. »

Une longue liste...

Le dirigeant poursuit : « Dès qu'on sort de la DTT, on reçoit un récépissé : on n'a plus à se soucier si le dossier est rempli ou pas. » Cette année, l'agriculteur renouvellera l'expérience : « Il faut maintenir les antennes locales de la DDT afin d'aider les agriculteurs. L'entière responsabilité du basculement vers la télédéclaration incombe à l'administration et non aux agriculteurs. En 1991, ce ne sont pas ces derniers qui ont demandé à subir une baisse de 40 % du prix des céréales compensée par des primes qui ne sont plus compensatrices ! »

« TÉLÉPAC est un point de détail dans la gestion de la politique agricole et je m'étonne que la DDT y accorde autant d'importance. L'administration sera surement jugée par le ministère de l'Agriculture sur la réussite de la télédéclaration. Mais les agriculteurs jugeront l'administration sur l'évolution des différents sujets et problèmes en cours. » Et la liste est longue : les conséquences de la réforme de la PAC sur la ferme Loiret, la directive nitrates, la gestion des cours d'eau, les normes environnementales, etc.

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