Loiret Agricole et Rural 25 mai 2018 à 16h00 | Par Olivier Joly

Sébastien Méry maïsiculteur dans l’âme

Installé à Chevannes, Sébastien Méry produit du maïs grain sur 45 ha. Nouvel administrateur de l’AGPM, il a participé récemment à sa première réunion.

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Sébastien Méry : « Défendre les intérêts des producteurs et informer le grand public sur la réalité de la culture du maïs. »
Sébastien Méry : « Défendre les intérêts des producteurs et informer le grand public sur la réalité de la culture du maïs. » - © Olivier Joly

«J’ai l’âme d’un maïsiculteur » déclare Sébastien Méry, producteur de maïs grain à Chevannes et administrateur de l’Association générale des Producteurs de Maïs (AGPM) depuis le début de l’année. Le professionnel adhère à la FDSEA depuis qu’il a repris l’exploitation de ses parents en 2010. « Afin de faire les choses dans les règles au moment de la transition », notre interlocuteur avait eu recours au service juridique de l’organisation syndicale et à AS Centre Loire pour la partie comptable. « J’ai été satisfait du service rendu » témoigne l’intéressé. Ce dernier a été double-actif jusqu’en 2015 : agriculteur et commercial pour une société de semences. Ayant démarré avec 140 ha, dans les années 2015-2016, le chef d’entreprise agrandit son exploitation, ce qui lui « laissait peu de temps pour un engagement syndical fort ». Mais, désormais, la donne a changé. « Il fallait un représentant de l’AGPM dans le Loiret». Cédric Benoist (NDLR : président de la FDSEA) m’a proposé le mandat et j’ai accepté :
lorsque j’étais double-actif, je travaillais pour une firme dont le maïs était le principal marché. Dans l’est du département, le maïs revient plus dans les assolements : une culture à potentiel.»

 

Actif sur les réseaux sociaux
Le responsable syndical explique sa mission : « Défendre les intérêts des producteurs et informer le grand public sur la réalité de la culture du maïs.» L’intéressé a participé à son premier conseil d’administration en mars dernier : une instance de soixante personnes. « Comme je suis actif sur les réseaux sociaux, j’avais déjà des contacts. Mon rôle consiste à relayer au quotidien ce que fait l’AGPM et à faire le lien avec la FDSEA. » Le professionnel poursuit : « Le maïs souffre d’une image galvaudée. Or cette culture nécessite peu de phytosanitaires : aucun fongicide, peu d’insecticides et l’herbicide peut être remplacé par un binage. En outre, la plante est efficace pour stocker le carbone dans le sol : le maïs est une culture durable. Et l’allongement des rotations favorise la biodiversité. » En maïs grain, pour obtenir un kilogramme de matière sèche, il faut 450 l d’eau et 238 l pour du maïs fourrage. Pour du blé, il faut 651 l, 1.600 l pour du riz pluvial et 5.263 l pour du coton. « Certes, on ne produit pas de coton en France mais nous portons tous des vêtements en coton ! » Culture d’été, le maïs est semé en avril et récolté mi-octobre : lors de la période estivale, les orages peuvent apporter de l’eau. En outre, le maïs produit en France ne contient aucun OGM.


Un appel au bon sens
Sébastien Méry entend défendre l’irrigation et notamment le stockage de l’eau. «Ce serait du bon sens. Or les pouvoirs publics manquent d’ambition pour notre agriculture. En tant qu’administrateur de l’AGPM, mon rôle est d’alerter les pouvoirs publics sur ces dossiers-là car l’administration les bloque. En outre, construire des installations de stockage nécessite des investissements lourds dans un climat difficile : cela peut dissuader les agriculteurs. » Notre interlocuteur dispose d’une retenue collinaire de 21.000 m3 qui se remplit l’hiver via un point de pompage situé sur une rivière. L’ouvrage, construit en 1995, permet d’irriguer 15 ha. Pour les 30 ha restants, il y a trois autres points de pompage souterrains. « Nous sommes dans un secteur sans quota mais sans volume garanti dans les forages : en fonction du débit des rivières, il y a des arrêtés préfectoraux. » Le responsable syndical poursuit : « L’irrigation garantit le rendement (NDLR : 115 q/ha). C’est la seule culture de l’exploitation assurant un chiffre d’affaires régulier. En outre, les contraintes qualitatives sont moindres que pour les céréales à paille. » Le professionnel chevannois livre sa production à la C.A.PRO.GA. et les débouchés sont nombreux : alimentation humaine, alimentation animale, amidonnerie, biomatériaux, etc. Disposant du matériel pour semer et récolter, l’agriculteur utilise le séchoir de la coopérative situé sur sa commune. En conclusion, deux rendez-vous figurent à l’agenda de Sébastien Méry : un conseil d’administration le 6 juin à Toulouse (Haute-Garonne), en marge des Culturales, et le congrès de l’AGPM du 20 au 22 novembre à Mulhouse (Haut-Rhin).

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BERTRAND (40) | 24 mai 2018 à 18:42:17

je suis du sud ouest et côtoie des maïsiculteurs de tout gabarie... de 20 à 250 ha de maïs...j'ai été conseiller de secteur et conseiller de gestion puis conseiller privé... je connais les marges et ce qu'en pensent mes paysans locaux.. une culture qui coute relativement cher à produire et dont les prix ne sont pas au rendez vous même chez des exploitants qui se situent entre 10 et 12 Tonnes/ha...IL FAUT RÉALIGNER LES PRIX COMPTE TENU DE L?ÉVOLUTION DES PINEA et on ne compte pas location du sol, main d'oeuvre et compétence..Nos paysans ne rêvent plus

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