Loiret Agricole et Rural 22 novembre 2013 à 08h00 | Par OJ

Productions spécialisées - Plants de pomme de terre certifiés : 32 t/ha

Des rendements en hausse de 10 % : les récoltes 2013 ont été un bon cru pour les productions de plants certifiés. Bilan plus mitigé pour la pomme de terre de consommation.

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Arrachage et mise en palox au champ.
Arrachage et mise en palox au champ. - © (Photo Comité Centre et Sud)

En région Centre, les surfaces dédiées à la production de plants de pomme de terre certifiés s'élèvent à 370 ha et concernent vingt-six producteurs. La déclinaison départementale s'établit comme suit : 115 ha dans le Loiret (dix-huit producteurs) ; 180 ha dans l'Eure-et-Loir (six producteurs) ; 75 ha dans le Loir-et-Cher (deux producteurs).

« Les rendements sont supérieurs de 10 % à la moyenne quinquennale » explique Philippe Laty, directeur de l'organisation de producteurs Comité Centre et Sud (CCS) : cette année, les rendements moyens atteignent 32 t/ha au lieu de 30 t/ha d'ordinaire. « Les températures modérées et les pluies du printemps ont favorisé l'installation des cultures et, par la suite, la tubérisation. » Comprendre : les tubercules fils produits à partir du tubercule mère.

Sur le plan sanitaire, on a observé une forte pression du mildiou dès la levée, c'est-à-dire vers le 20 mai, jusqu'à la mi-juillet. En cause : des températures de dix-huit degrés alliées à de l'humidité. « Par l'intermédiaire du Bulletin de Santé du Végétal dédié à la pomme de terre, les agriculteurs ont été rapidement mis au courant : cela leur a permis d'adapter leur stratégie de protection des cultures afin d'empêcher l'installation de la maladie. »

En revanche, la pression du puceron s'est révélée « relativement modérée et a été maîtrisée facilement grâce aux systèmes de protection des cultures ». Le puceron est vecteur de transmission de maladies virales et il est présent en année chaude : or ce ne fut pas le cas en 2013. « Les premiers résultats de laboratoire confirment le bon millésime sanitaire de la récolte 2013 » indique Philippe Laty.

« Les récoltes sont quasiment terminées depuis fin septembre et les plants sont en stockage frigo. Au final, les récoltes sont de belle qualité de présentation et le tonnage commercialisable atteint souvent 85 à 90 % du tonnage brut. Certains lots ont déjà été certifiés car des expéditions ont été réalisées. » Vers le Mali notamment. « Et nos inspecteurs contrôlent actuellement des conditionnements de lots pour des expéditions dans les jours à venir vers l'Égypte et l'Arabie-Saoudite. Une autre partie de la production est en cours d'expédition à destination des conditionneurs de plants germés en petites cagettes ou petits sacs. » Cela s'adresse aux jardineries et, au final, à la personne qui cultive son jardin.


De 85 à 90 % du tonnage brut

À l'échelle nationale, la production de pomme de terre de consommation représente 117.000 ha, dont 10.800 ha en région Centre. « Les rendements sont en baisse de 10 % par rapport à la moyenne des cinq dernières années » déclare le directeur du CCS : 55 t/ha au lieu de 60 t/ha pour les variétés de consommation courante.

« Les agriculteurs produisent souvent des variétés précoces. Or celles-ci ont été pénalisées par les conditions climatiques : les températures modérées et la pluie ont favorisé le développement de la végétation au détriment de la tubérisation. » En d'autres termes, s'il y a moins de tubercules, les tonnages se réduisent d'autant.

« La qualité de présentation est bonne. Conséquence, le rendement commercial est très proche de 2012 : 85 à 90 % du tonnage brut. » Le reste est constitué de rebuts : forme inadaptée, tubercule vert, etc. Autre constatation : l'absence de maladies telles que la gale argentée ou la dartrose. Un phénomène que Philippe Laty explique par trois facteurs : « Un traitement de la semence avant implantation ; une protection phytosanitaire en végétation bien maîtrisée ; une période sèche entre le défanage des cultures et la récolte. »

Avec des prix de vente à destination de l'Afrique du Nord et du Moyen-Orient compris entre 500 et 550 EUR la tonne, les cours des plants de pomme de terre se situent dans la lignée de 2012, soit un bon niveau. « La demande internationale est forte alors que la production européenne est en baisse. »


200 EUR la tonne


Les Pays-Bas sont les premiers producteurs européens de plants de pomme de terre. La France se situe au deuxième rang, puis vient l'Écosse. La dynamique commerciale est donc assurée par ces trois fournisseurs importants. Or, du fait des conditions climatiques pendant la culture, les trois pays en question ont réduit leur production.
« Un phénomène auquel la région Centre a échappé : l'irrigation a permis un grossissement des tubercules. Or ce n'est pas le cas ailleurs. » Philippe Laty vente également « le professionnalisme des agriculteurs et l'action technique du Comité Centre et Sud ». Conséquence : trois producteurs de la région Centre ont obtenu les meilleurs rendements parmi tous les producteurs français de la même variété ! (NDLR : comparativement au rendement de référence).

Quid de la pomme de terre de consommation ? « En fin de campagne 2012, la pomme de terre de consommation courante, lavable et de bonne qualité de présentation se négociait entre 350 et 400 EUR la tonne. Les premières récoltes 2013 sont parties sur les mêmes bases. »

Puis, à partir du mois d'août, les cours ont progressivement chuté à cause d'une offre française importante et d'une demande faible de la part des principaux pays acheteurs en Europe du Sud et de l'Est: « En août, l'Espagne n'a pas acheté car la production locale était en cours de commercialisation. » Un prix de crise se situerait en dessous de 100 EUR la tonne. À 200 EUR la tonne, « tous les intervenants de la filière ont le moral » conclut Philippe Laty.

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