Loiret Agricole et Rural 06 juillet 2018 à 12h00 | Par Mathieu Robert

« Ne pas se faire confisquer les modes de production »

Face à la multiplication des démarches privées de segmentation, le président de la Fédération nationale porcine (FNP), Paul Auffray, craint que les producteurs ne perdent le contrôle de leurs modes de production, au profit des distributeurs et des ONG, en particulier sur le sujet du bien-Ítre animal.

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- © agrafil

Mathieu Robert : Pourquoi avoir choisi le collectif comme thématique de votre dernière assemblée générale, qui s’est déroulée le 22 juin à Lille ?
Paul Auffray : Il nous paraît essentiel de relancer le collectif dans nos filières agricoles où l’individualisme prime souvent au détriment de l’intérêt général, notamment au travers des démarches marketing des entreprises. Qu’il s’agisse de qualité, de sanitaire, d’environnement ou de bien-être, nous avons besoin d’un socle commun, notamment au travers du porc français. Il ne s’agit pas d’aller contre les démarches d’entreprises, mais le socle du porc français doit être un préalable aux demandes sociétales. Et le plan de filière de l’interprofession porcine s’inscrit dans cette logique.
Le risque, sinon, c’est que les producteurs se fassent confisquer les modes de production par les distributeurs et les ONG. Un distributeur déclarait encore la semaine dernière dans la presse régionale, qu’il allait « inventer l’élevage de demain avec les producteurs », mais on ne sait pas lesquels.


M. R. : Seriez-vous favorable à une segmentation publique du bien-être animal, comme cela vient d’être mis en place en Allemagne ?
P. A. : Nous sommes un pays latin, avec une culture culinaire affirmée, qui véhicule un certain nombre de valeurs. Un classement par étoiles, comme si l’on vendait des machines à laver, ça ne me paraît pas sérieux. Dans les pays du Nord, on achète la nourriture comme des boulons. Ça ne donne pas forcément envie de manger.


M. R. : Êtes-vous opposés à toute segmentation de la production française sur le bien-être animal ?
P. A. :L’élevage ne peut pas se réduire au bien-être animal, c’est l’une de ses composantes. Le sujet est devenu irrationnel. La segmentation doit se faire en écoutant les signaux du marché et notamment les demandes du consommateur. Ce n’est pas aux ONG d’orienter nos modes de production. C’est une minorité, et je refuse qu’on se fasse dicter nos méthodes d’élevage par une minorité.
Je suis plutôt favorable à des indicateurs qui soient intégrés à une charte, mais qui n’apparaissent pas forcément sur l’étiquetage. En élevage conventionnel, mes animaux sont aussi bien traités qu’en bio. Le collectif doit s’emparer du sociétal et ne pas laisser le sujet au marketing des entreprises...

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