Loiret Agricole et Rural 08 avril 2020 à 21h00 | Par Doriane Mantez

Meung-sur-Loire tient son marché

En cette période de confinement, un certain nombre de marchés ont pu rouvrir. Respectant toutes les conditions, celui de Meung-sur-Loire (Loiret) accueille toujours les visiteurs le dimanche matin.

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- © Mairie de Meung-sur-Loire (archives)

Autorisés d'abord, puis interdits et de nouveaux autorisés sous réserve d'aménagement pour respecter les gestes barrières et d'autorisation préfectorale, la pandémie Covid-19 fait jouer la valse-hésitation à l'un des principaux débouchés pour un certain nombre de producteurs fermiers : les marchés.

Meung-sur-Loire est l’une des communes ayant obtenu une dérogation pour pouvoir tenir le leur. Il se déroule comme à l’accoutumée le dimanche matin.

En cette période particulière, la mairie donne uniquement l’accès aux produits alimentaires et a chargé ses élus d’être présents pour veiller au respect des mesures de prévention de la propagation du Covid-19.

Afin d'éviter au maximum les croisements et la promiscuité, l'espace du marché a été légèrement révisé, avec un espacement de 5 mètres entre les stands des producteurs et la distanciation d'un mètre minimum entre le stand et les clients, mais aussi entres les clients dans les files d'attente devant les étals.

Depuis vingt-deux ans, Éric Javoy vend ses produits sur ce marché. « Tout comme mes parents, je fais ce marché tous les dimanches matins pour vendre mes produits frais : asperges, cerises, tomates, concombres, radis, poires, pêches…, précise-t-il. Je suis soulagé et heureux que le marché puisse continuer pendant le confinement ».

Pour le moment, l’épidémie ne l’impacte pas vraiment car il a des petites surfaces qu’il récolte seul et peut vendre ses produits comme d’ordinaire sur ce marché.

« Pour l’instant ça va car je n’ai pas besoin de main-d’œuvre, affirme-t-il. Mais, je suis inquiet pour la suite, notamment la récolte des cerises début mai où j’aurai besoin de vingt personnes durant cinq semaines ».

Pour lui, « pas grand-chose a changé » sur le marché de Meung-sur-Loire, si ce n’est la distance avec les clients et la bouteille de gel hydroalcoolique sur son étalage. « Nous avons délimité le stand pour qu’il y ait un espace d’un mètre entre le client et moi. C’est surtout pour que les gens ne touchent pas la marchandise, assure l’agriculteur clérycois. En cette fin de troisième semaine, on constate que les gestes barrières sont vraiment intégrés ».

Dans un souci de respect des règles de sécurité sanitaire et afin de limiter la fréquentation, une seule personne par foyer est autorisée à faire le marché.

« Contrairement à la première semaine, chaque famille a désigné celui ou celle qui pourra se rendre sur le marché. Il y a donc un peu moins de monde que d’habitude, mais l’on y retrouve les habitués. »

Lui qui aime le relationnel s’inquiète de ne pas voir certains clients. « On a un métier assez solitaire et c’est vrai que j’aime faire le marché pour avoir ce contact avec les gens. Des liens se tissent au fil des années, lance le maraîcher. Avec la crise je ne vois pas forcément tout le monde et c’est vrai que j’aimerais avoir des nouvelles de mes clients, savoir qu’ils se portent bien ».

Selon lui, le marché est un lieu privilégié pour lutter contre l’agribashing. « Ici on prend le temps de discuter avec les consommateurs, leur expliquer notre métier, et, bien souvent, ils finissent par dire ''vous n’avez pas tort''. »

Avec le confinement, de nouvelles têtes viennent faire leurs courses sur le marché : un côté rassurant et social. « C'est quand même plus sécurisant de venir ici plutôt que dans les grandes surfaces, assure une cliente. Et c'est important de manger des produits de bonne qualité, surtout dans ce contexte ».

Pour l'agriculteur, « cette crise fait prendre conscience à la population que la nourriture est un point important dans notre vie. Après, de là à dire que quand ça sera fini les gens iront moins dans les grandes surfaces, je ne pense pas… Eux peuvent casser les prix ! Aujourd’hui, quand j’entends les GMS annoncer qu’elles soutiennent les producteurs français, ça me fait doucement rigoler. C’est surtout qu’elles n’ont pas grand-chose à importer… ».

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