Loiret Agricole et Rural 02 novembre 2018 à 14h00 | Par Aurore Paysanne

Martin De Cauwer a opté pour le bilan fourrager

Excès d’eau au printemps, mise à l’herbe tardive, sécheresse estivale et à l’automne : pas facile de savoir si ses stocks fourragers vont suffire à alimenter son troupeau tout l’hiver. À moins de faire un bilan fourrager. C’est l’option retenue par Martin De Cauwer qui s’est fait aider par le service élevage de la chambre d’Agriculture de l’Indre.

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- © Aurore Paysanne

Martin De Cauwer est rassuré. Ses stocks fourragers vont couvrir les besoins de son troupeau jusqu’au printemps prochain. À Vicq-Exemplet, là où il exploite, comme dans tout le département, la pluie n’a pas été généreuse. Quelques gouttes depuis le mois de juin et c’est tout. Un épisode de plus qui conforte le sentiment que 2018 sera décidemment bien compliquée. C’est d’ailleurs ce qui a conduit l’éleveur à faire appel au service élevage de la chambre d’Agriculture, dans le cadre de l’appui aux jeunes agriculteurs après installation, pour l’aider à établir son bilan fourrager.

Etat des lieux précis
Avec Jean-Baptiste Quillet, conseiller fourrage, ils ont d’abord commencé par répertorier les différentes catégories de fourrage à disposition et à cuber les volumes d’ensilage. Les trois tas ont été métrés de long en large et en hauteur. Pour chacun, Martin de Cauwer a détaillé le contenu : sorgho de 2017 dans l’un ; un mélange raygrass hybride et trèfle violet de seconde coupe, « très épais et de super qualité », précise-t-il dans le second, et du ray grass/trèfle violet de premièrecoupe au fond du dernier, du ray grass mélangé à du méteil et trèfle violet au milieu, et méteil seul dans la dernière partie. L’éleveur comptait sur ces deux derniers tas pour assurer sa couverture hivernale. Il y a également un tas de sorgho 2018 mais le rendement est faible.  Un inventaire a également été dressé pour la paille et le foin. « Je suis un peu juste en foin », estime l’éleveur. Le tour des stocks achevé, c’est à celui de l’étable et surtout des prés que le duo s’est attaqué. Le troupeau est composé de 90 vaches allaitantes- 75 salers, 15 charolaises, 19 génisses de deux ans, 28 génisses d’un an, 4 taureaux, 3 génisses en finition.

Recouper ses informations
Une fois la collecte achevée, direction le bureau pour mettre en balance tous ces éléments, sachant que la tonne de matière sèche (MS) est prise en référence et que le principe de base est « de toujours sous-estimer les stocks et sur-estimer les besoins», insiste Jean-Baptiste Quillet. Côté besoins, les deux hommes échangent pour s’approcher au plus près de la réalité. Il faudra tenir jusqu’à la mise à l’herbe. Tout l’enjeu de l’appui technique est de voir si les stocks sont suffisants et de les répartir suivant les besoins des animaux. « Une salers mange moins qu’une charolaise», avance l’éleveur qui évalue la ration moyenne à 13 kg de MS par jour, d’autant que quand elles rentreront, elles auront toutes vêlées et donc des besoins importants. Les besoins des génisses de deux ans sont fixés à 8 kg/MS/j ; ceux des génisses d’un an à 6kg/MS/j et ceux des taureaux à 14 kg/MS/j. Côté stock et par sécurité, le cubage estimé est mis en corrélation avec les tonnages sortis des champs que l’éleveur avait pris soin de noter. « Cette confrontation est indispensable pour conforter le bilan », estime Jean-Baptiste Quillet.

Pour chaque fourrage, Martin de Cauwer vérifie les surfaces récoltées, le nombre de remorques rentrées et le verdict tombe : les stocks sont donc suffisants pour avoir de quoi nourrir le troupeau cet hiver et affourrager pendant la fin de l’automne.

Reste désormais à équilibrer les rations. Et pour cela l’éleveur compte s’appuyer sur les résultats des analyses de ses fourrages qu’il a confiées au conseiller fourrage de la chambre d’Agriculture. Ceux-ci lui seront remis quelques jours plus tard par Jean-Baptiste Quillet, en même temps que la synthèse du bilan fourrager.

Cet article est une production du Programme régional de développement agricole et rural Centre, financé par les fonds CASDAR.

D’après un article de Nadia Bénéteau (Aurore Paysanne)

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