Loiret Agricole et Rural 15 mai 2015 à 08h00 | Par Olivier JOLY

Le Syndicat mixte de l’Œuf et de l’Essonne mouillé jusqu’au coût

Dans le cadre du contrat global d’actions Essonne amont 2014-2018, l’établissement public met en œuvre un plan de gestion des milieux.

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Anne-Jacques de Bouville, à gauche, et Éric Ménard, technicien rivière. (© Olivier JOLY) Les zones humides : un enjeu majeur. © Olivier JOLY Les arbres morts ne sont pas systématiquement retirés car ils représentent un intérêt. © Olivier JOLY La végétation ripisylve : un moyen d’éviter l’eutrophisation des cours d’eau. © Olivier JOLY

L’entretien et la restauration des milieux : ce sont les principaux objectifs du Syndicat mixte de l’Œuf et de l’Essonne. Commentaire d’Anne-Jacques de Bouville, le président de l’entité : «Je suis riverain de l’Œuf : j’ai toujours été bercé par ce cours d’eau. Nous essayons d’ouvrir au public une rivière à 95 % privée. Nous utilisons des fonds publics : il est normal que le contribuable puisse bénéficier en retour de certains sites qui lui sont dédiés. Nous voulons aussi valoriser les efforts de restauration des milieux.» L’élu local poursuit : «Notre mission : la gestion et l’amélioration de la qualité de l’eau superficielle.»

Le syndicat de rivière a dressé un état initial : analyses et suivi physique et chimique. Cet enjeu qualitatif décline de la Directive européenne consacrée à l’élément liquide.
«La ville de Pithiviers ne traite pas encore ses eaux pluviales, qui constituent un point noir pour notre bassin versant. Intervient aussi la pollution des usines.» L’établissement public mène des travaux de restauration sur l’ensemble de son bassin versant, notamment à Escrennes, Estouy et Pithiviers-le-Vieil. Il s’agit principalement de travaux de restauration de la continuité écologique et d’hydromorphologie. Par exemple, recréer des méandres ou réduire la largeur des cours d’eau de façon à redynamiser les écoulements et rendre franchissables certains ouvrages pour la faune piscicole et les sédiments. Dans le même esprit, citons la restauration des zones humides :
«Les marais absorbent le surplus des crues et améliorent la qualité des eaux. Ils ralentissent également le cheminement de l’eau vers les zones urbaines situées en aval.»

Le syndicat de rivière favorise l’implantation d’une végétation adaptée en bordure de cours d’eau (ripisylve). «Celle-ci limite le développement des plantes nitrophiles, qui peuvent perturber l’écoulement de l’eau en automne et en hiver. Ce type de végétation répond également aux objectifs des trames vertes et bleues : les arbres situés en bordure limitent l’impact du réchauffement de l’eau et l’eutrophisation des cours d’eau. En outre, les racines captent les matières polluantes véhiculées par l’eau et réduisent l’érosion des berges.»

Un enjeu économique fort

«L’entretien des milieux est majoritairement axé sur les secteurs à enjeu économique fort (zones agricoles), les zones urbaines et les sites dédiés à la plaisance (parcelles communales en bordure de rivière)» déclare Anne-Jacques de Bouville. Par exemple, dans les zones inondables, à proximité des secteurs urbains, des arbres sont enlevés pour éviter les risques de débordement du cours d’eau. « Quant à l’entretien des zones humides, il évite la recolonisation du milieu et sa fermeture. »

Quid des zones agricoles ? «Quand on implante une ripisylve en bordure d’un cours d’eau et que l’on crée une alternance rive droite/rive gauche, l’objectif est de pouvoir intervenir mécaniquement sur tout ce qui pourrait gêner l’écoulement de l’eau dans le lit mineur.» La scarification du substrat vise à arracher l’excédent de végétation de façon à permettre à l’eau, en automne et en hiver, d’exporter les matériaux excédentaires vers l’aval. «On taille les arbres en têtard : on limite la hauteur des sujets pour éviter un risque d’arrachage en cas de tempête. Autre avantage : ne pas gêner le passage des engins agricoles. La végétation constitue aussi un écran protecteur contre le risque d’apport accidentel, notamment par le vent, de pesticides. (…) On supprime uniquement ce qui peut gêner l’écoulement de la crue : si un tronc d’arbre ou un embâcle n’obstrue pas plus des deux tiers du cours d’eau, on le conserve (sauf contraintes spécifiques) car il reste un habitat pour les espèces. (…) L’agriculture représente un enjeu économique fort pour le territoire et cela n’est pas incompatible avec l’environnement. La profession a fait de gros efforts dans beaucoup de domaines notamment sur des enjeux comme l’irrigation, les pollutions diffuses et les bandes enherbées.»

- © Olivier JOLY

ADS 45 sur les chardons ardents

Entretenant et aménageant les rivières pour le compte du Syndicat mixte de l’Œuf et de l’Essonne, ADS 45 (Association pour le Développement et la Solidarité) est peu le bras armé de l’établissement public : en 2015, cela représente quelques semaines de travail effectuées par une équipe de trois personnes plus un encadrant technique. Commentaire d’Emmanuel Godin, le directeur de la structure : «Ce sont des chantiers qui s’étalent sur plusieurs années et qui concernent le territoire du Syndicat mixte dans sa globalité. Nous sommes l’outil qui permet la réalisation de ce plan de gestion.»

Des objectifs communs

Les milieux n’étant pas toujours accessibles, les chantiers représentent une difficulté technique certaine : «Notre philosophie repose sur le développement du travail humain plutôt que le travail mécanique et le Syndicat mixte le sait : nous sommes sur des actions de terrain avec du petit matériel.» Sur un marché régi par la concurrence, cette entreprise d’insertion parvient-elle à être rentable ? Oui, semble répondre son représentant : «Si nos clients nous renouvellent leur confiance, c’est qu’ils sont satisfaits de nos prestations, tant en termes de qualité que de coût.»

Le cadre associatif poursuit : «Notre valeur ajoutée réside dans le suivi de nos clients et la réponse à leurs attentes. Nous avons une vraie relation partenariale : nous nous approprions les préoccupations de nos clients dans leur gestion de l’espace. Nous avons des objectifs communs : nous sommes de fervents défenseurs de la biodiversité et d’espaces naturels correctement gérés.»

Le syndicat mixte de l'Œuf en chiffres

Pour 2015, le montant total des opérations s’élève à 40.000 € environ pour les travaux d’entretien et à 200.000 € pour les travaux de restauration, financés par l’Agence de l’Eau Seine-Normandie, la Région Centre, le Conseil départemental et le Syndicat mixte de l’Œuf et de l’Essonne.

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