Loiret Agricole et Rural 21 avril 2017 à 08h00 | Par FNSEA

Le Frexit est un scénario catastrophe pour l’agriculture française !

Libre parole : Arnold Puech d’Alissac, membre du Bureau de la FNSEA.

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- © TG

Certains candidats à l’élection présidentielle sont tentés par l’aventure du Frexit. Ce scénario nous l’avons développé dans notre rapport d’orientation 2017 en essayant d’imaginer ce qui arriverait si la France quittait l’Union européenne. Bien sûr, l’Union européenne a de nombreux défauts et nous ne voulons pas les éluder, mais le Frexit signerait son arrêt de mort et le retour à des souverainetés dans chaque nation de l’Europe. Est-ce que l’Agriculture française y a intérêt ?
La réponse est pour nous clairement NON. Sur le papier, une sortie permettrait à la France de réaliser une économie immédiate du montant de sa contribution nette au budget de l’Union européenne, soit 8 milliards d’euros. C’est une vision à court terme qui ne tient pas compte de tous les impacts économiques d’une sortie de la France de la zone Euro. Car quitter l’Union européenne c’est d’abord abandonner l’Euro. Le retour au Franc impliquera que notre monnaie sera livrée aux spéculations sur les marchés et la dette de 2 100 milliards d’euros passera à 14 000 milliards de Francs. La hausse prévisible des taux d’intérêts entraînera de facto une hausse de cette dette que l’on peut estimer à 50 milliards d’euros. Pour l’agriculture, la dévaluation donnerait sans aucun doute un peu de prix aux producteurs, mais sans compenser la forte augmentation des coûts de production. Les conditions de financement seront plus difficiles avec une hausse du coût du crédit. On peut même s’attendre à une hausse du prix des terres, comme valeur refuge, freinant ainsi l’installation. Le Frexit rendra aussi les échanges plus difficiles. D’abord, nous perdrons le marché unique, c’est-à-dire l’accès de nos produits agricoles et agro-alimentaires sans droits de douanes à 500 millions de consommateurs. Ensuite, l’ensemble des accords commerciaux avec les pays tiers devront être renégociés, forcément à notre détriment. Que pèserait en effet la France seule à l’OMC ? N’oublions pas qu’en 2015 la France a exporté en céréales l’équivalent en valeur de la vente de 9 Airbus A320 par mois et autant pour les produits laitiers. Et nous voyons bien que dans la filière viande, dès que les exportations reprennent, les cours s’améliorent. Enfin, qui peut croire que les 9 milliards d’euros d’aides aux agriculteurs seront maintenus, sans discussions au niveau national, dans le cadre de la renationalisation de la PAC ? L’état des finances de la France laisse penser que les tentations seront multiples pour se servir d’autres secteurs. Maintiendra-t-on une ICHN ? Rien n’est moins sûr, et les agriculteurs britanniques risquent fort d’en faire l’amère expérience les premiers. Voilà quelques éléments qui nous font dire que le remède sera pire que le mal. Le remède pour les agriculteurs, c’est de rebâtir un véritable projet agricole européen, une PAC tournée vers l’avenir qui permet à l’agriculture européenne de relever les multiples défis qui se présentent à elle.

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