Loiret Agricole et Rural 20 novembre 2014 à 08h00 | Par Haras nationaux

La myopathie atypique des équidés proche du Loiret

La myopathie atypique (MA) est une maladie saisonnière désormais bien présente en France et en Europe. Elle se caractérise par une destruction des muscles posturaux, respiratoires et du myocarde. Des études récentes ont montré que la cause serait une toxine présente dans les graines de certains arbres du genre « Acer » (érable) dont l'Acer pseudoplatanus ou érable sycomore.

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Les samares de l'érable sycomore seraient toxiques mais d'autres graines sont à l'étude.
Les samares de l'érable sycomore seraient toxiques mais d'autres graines sont à l'étude. - © snv.jussieu.fr

La myopathie atypique (MA), appelée aussi myoglobinurie atypique des chevaux au pré, est une maladie généralement fatale se caractérisant par une dégénérescence sévère de différents groupes musculaires, dont les muscles intervenant dans la respiration, la posture, ou encore le muscle cardiaque. La MA n'est pas contagieuse mais elle est induite par des conditions environnemetales. La proximité de la maladie, détectée la semaine dernière en Seine et Marne, doit nous pousser à une grande vigilence.

La MA frappe les équidés de toutes espèces (chevaux de trait, de selle, poneys, ânes et zèbres) séjournant en pâture la majeure partie de la journée.

La MA ne présente pas les caractéristiques d’une maladie contagieuse. Cependant, son apparition étant liée à des conditions environnementales particulières, plusieurs chevaux pâturant sur une même prairie peuvent être affectés simultanément. Les séries cliniques se déclarent essentiellement au printemps et en automne.

L'hypothèse d'une toxine d'origine environnementale alternant le métabolisme énergétique musculaire a été émise.

Aux Etats-Unis, il a été aussi montré que la myopathie saisonnière était causés par une toxine : « l'hypoglycine A » présente dans les graines de l'Acer negundo (érable negundo ». Une fois ingéré, l'hypoglycine est métabolisé en composé toxique « MCPA » qui engendre des désordres biochimiques.

L'Acer pseudoplatanus est un arbre qui peut atteindre 20 à 30 m de haut. Ses feuilles sont vert sombre et présentent 5 lobes arrondis.

On le retrouve dans les forêts mixtes de l'Europe occidentale jusqu'à la Mer Baltique. La configuration des fruits (samares) prédispose à la dissémination par le vent, ce qui accroît le rayon d'action d'un arbre ou bosquet.

 

Signes cliniques

Présents chez plus de 50% des cas

Présents chez moins de 50% des cas

■ Emission d’une urine foncée (émission spontanée ou à la suite d’une palpation rectale ou encore d’une cathétérisation) ; 93%)

■ Difficultés respiratoires (49%)

■ Muqueuses congestives (couleur rouge) ; (93%)

■ Hypothermie (température rectale < 37°C) ; (29%)

■ Faiblesse généralisée (85%)

■ Anorexique (28%)

■ Raideurs (83%)

■ Difficulté à déglutir (23%)

■ Psychisme déprimé (80%)

■ Appétit exacerbé (18%)

■ Fréquence cardiaque augmentée (> 45 battements/ min) ; (79%)

■ Hyperthermie (température rectale > 38°C) ; (11%)

■ Cheval couché sur le flanc (78%)

 

■ Appétit conservé (72%)

 

■ Tremblements (68%)

 

■ Sudation (64%)

 

■ Température rectale normale (37–38°C ; 60%)

 

■ Distension de la vessie (58%)

 

Traitement

Aucune antidote de la toxine n'existe actuellement. Le traitement conseillé est l'administration de vitamines, d'antioxydants et de carnitine qui soutiennent la fonction musculaire et le métabolisme énergétique.

Prévention

La proximité d'érables sycomores et notamment pendant les périodes de production des fruits pourrait être évitée pour les chevaux vivant en pâture. Cependant la prévention semble difficile compte tenu de la dissémination des graines.

IL n'est pas exclu que la toxine puisse être contenue dans les fruits d'autres arbres c'est pourquoi la recherche en Europe s'attèle à valider un dosage de l'hypoglycine dans les échantillons de végétaux ainsi qu'un dosage rapide de la toxine dans le sang de chevaux malades.

Réseau de surveillance

Depuis 2005, le réseau d’alerte de la Myopathie Atypique (MA) a été constitué : il s’agit de l’AMAG ( Atypical Myopathy Alert Group). 
 
Initié par l’Université de Liège et géré par le Centre européen du Cheval (Belgique), il rassemble les chercheurs et cliniciens européens confrontés à la problématique de la MA.
 
Depuis l’apparition des premiers cas français en 2002, le Réseau d’EpidémioSurveillance en Pathologie Equine (RESPE ; www.respe.net), participe au réseau européen.

Si vous avez connaissance d’un cas, MERCI de le déclarer :

- en tant que propriétaire, via le lien http://www.myopathieatypique.fr/declarer-un-cas/questionnaire-proprietaire/;

- en tant que vétérinaire, via le lien https://www.myopathieatypique.fr/espace-professionels/formulaire-veterinaire/

Si vous manquez de temps, vous pouvez faire une déclaration rapide via le lien (et compléter votre déclaration par la suite) :

http://www.myopathieatypique.fr/declarer-un-cas/primo-declaration/


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