Loiret Agricole et Rural 03 juillet 2015 à 15h00 | Par Olivier JOLY

La Cuma du Ronceau investit 525.000 € dans une intégrale

Coup de projecteur sur l’entité qui, le 5 août prochain, accueillera la 10e édition de MécaCéréales, au Chesnoy. L’évènement mobilisera une centaine de bénévoles.

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De gauche à droite, Christian Gangloff, Henri Ganzin et Gilles Van Kempen. © Olivier JOLY L’une des deux nouvelles moissonneuses-batteuses mises en service il y a quelques jours. © Olivier JOLY

Lors de la prochaine récolte de betteraves, la Cuma du Ronceau disposera d’une intégrale. Montant de l’investissement : 525.000 €, auxquels il faut retrancher 110.000 € de la revente de l’automotrice. Commentaire du président de l’entité, Henri Ganzin : «L’opération est liée à l’augmentation des surfaces.» Celles-ci sont passées de 320 ha à 375 ha. «En outre, les adhérents de la Cuma de Vimory avaient une machine qui arrivait à bout de souffle : ils nous ont rejoints sur cet investissement.»

Ce rapprochement ayant pour corollaire un apport de 75 ha, la surface récoltée sera de 450 ha répartis entre dix-huit agriculteurs. «L’avènement de l’intégrale résulte d’une décision des constructeurs : l’automotrice n’est quasiment plus fabriquée et le marché de l’occasion s’est effondré. Avec une intégrale, on peut se passer d’un tracteur, d’une remorque et d’un chauffeur.» Quant au débit de chantier, on passe de 0,9 ha/h à 1,3 ha/h. Alors que l’autonomie d’une automotrice est de 80 à 100 m, avec le nouvel engin on grimpe à 400 ou 500 m !

Les moissons marquent la mise en service de deux nouvelles moissonneuses-batteuses de 400 CV chacune. «Par rapport aux anciennes, elles offrent plus de sécurité, de confort et d’électronique : il faut s’y mettre ! Il y a une procédure à respecter.» Les nouvelles machines sont similaires à leurs devancières, qui étaient âgées de près de sept ans. «Elles n’occasionnent pas de grand changement mais le GPS est une aide à la conduite appréciable.»

Un intérêt pour la technologie

Installé à Châtillon-Coligny, Gilles Van Kempen vient de rejoindre la Cuma du Ronceau pour son activité moissons, soit une centaine d’hectares. «Quand je me suis installé, je faisais de la semence d’oignons : on a monté un groupe pour acheter une récolteuse. Un prestataire de service effectuait les moissons : l’entrepreneur ne pouvant plus continuer, on est passé en Cuma.»

Ce professionnel de 35 ans livre sa conception du travail en commun : «Ne plus être isolé, surtout pour des cultures spécialisées comme les oignons ou les moissons, qui demandent de la main-d’œuvre.» Notre interlocuteur a travaillé durant huit ans dans un centre de gestion. «J’apporte mes compétences en la matière.» L’intéressé est le commissaire aux comptes de la Cuma. «Les jeunes ont un intérêt pour la technologie et les machines complexes.» Toutefois, le céréalier châtillonnais reste mesuré dans ses ambitions : «Je n’ai pas pour objectif de m’agrandir mais de développer la valeur ajoutée de mon exploitation : avec les collègues, nous ne sommes pas dans une logique de concurrence mais d’apports de matériels qui nous font avancer.»

Faire passer des messages

La Cuma du Ronceau sera l’entité d’accueil de la dixième édition de MécaCéréales, le 5 août prochain à Amilly, sur le site du lycée agricole du Chesnoy. «Une fierté et un honneur pour notre Cuma : le signe que celle-ci se développe» déclare Henri Ganzin. Celui-ci préside le comité de pilotage en charge de la stratégie générale. Une fonction logique pour celui qui est aussi vice-président de la C.A.PRO.GA. : «Le thème de la qualité m’allait bien : on fait de la farine : la qualité du blé est indispensable. Nous œuvrons à une prise de conscience des agriculteurs de cet enjeu.»

Mais la sphère politique et environnementale est également ciblée : «À trop réduire les doses d’azote, on perd des marchés à l’export : on ne répond même plus aux appels d’offres. Vis-à-vis de nos clients amidonniers, meuniers et boulangers, la qualité du blé baisse aussi de manière inquiétante.» Sur le périmètre de la C.A.PRO.GA., on compte treize bassins d’alimentation de captage. Avec les règles régissant ces périmètres, «les gens n’arrivent plus à faire de la qualité» déclare Henri Ganzin.

Le 5 août, Gilles Van Kempen aura en charge l’intendance : ravitaillement, boissons, etc. «Si MécaCéréales est une belle vitrine de l’agriculture, l’objectif consistera aussi à faire passer des messages auprès des responsables politiques.» Espérons que ces derniers ne feront pas la sourde oreille au bon sens. Il y a trop d’activités économiques et d’emplois en jeu !

Département : cinq millions d’euros d’investissements

Mise sur pieds par la Cuma du Ronceau, la dixième édition de MécaCéréales aura lieu le 5 août prochain à Amilly, sur le site du lycée agricole du Chesnoy. Ce sera la troisième fois que l’établissement d’enseignement accueille l’évènement. «Celui-ci est toujours preneur ce type de manifestation : il le fait avec enthousiasme !» déclare Christian Gangloff, président de l’association organisatrice. Les vingt adhérents de la Cuma du Ronceau seront mobilisés durant deux jours. Auxquels s’ajouteront des bénévoles provenant des autres Cuma du Loiret. Soit une centaine de personnes au total. «La Fédération départementale envoie des demandes à chaque Cuma pour trouver des volontaires et on les affecte à des tâches particulières.»

 

Avancer dans les nouvelles technologies

Deux comités de pilotage ont été constitués. L’un se charge de la stratégie générale et, l’autre, de l’intendance : repas, boissons, etc. Ce second pôle mobilisera une vingtaine de personnes. «La profession oriente la journée.» L’évènement se déroule tous les deux ans et l’association organisatrice est composée des six Fédérations départementales des Cuma de la région. L’objectif du rendez-vous : « Satisfaire une demande locale de démonstrations pour avancer dans les nouvelles technologies et développer le réseau Cuma. Le cœur de notre métier est de contenir les frais de mécanisation. D’où l’enjeu technique de l’évènement.» Ce qui n’est pas incompatible avec une ambiance conviviale

Au cours de la campagne 2014-2015, les Cuma du Loiret ont investi cinq millions d’euros en matériels. «Or la situation économique n’est pas florissante mais, en partageant, on peut investir. Les concessionnaires comme les adhérents y trouvent leur compte : quand un individu ne peut plus investir, une Cuma peut le faire.»

Programme : les temps forts

• Accueil de 9 heures à 9 h 30.
• Atelier déchaumage et semis de cultures intermédiaires à partir de 10 heures.
• 11 heures : visite officielle avec les élus locaux et les représentants des institutions.
• 11 h 30 : les présidents de Cuma de toute la France qui ont des moissonneuses-batteuses auront un temps fort d’échanges (ils iront de stand en stand) sous l’égide de Sylvain Deseau, de la chambre d’agriculture.
• De 14 h 30 à 15 heures : démonstrations individuelles de moissonneuses-batteuses avec récupération de grains dans la trémie pour en analyser la qualité et la propreté.
• En fil rouge : un pôle qualité du grain avec la C.A.PRO.GA.
• Jeu concours avec plusieurs prix à gagner.
• Restauration sur place.
• Parking assuré.

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