Loiret Agricole et Rural 04 mai 2018 à 10h00 | Par Sabrina Beaudoin

L’usine du groupe Pierre Martinet recrute !

Visite de l’usine Louis Lemoine du groupe Pierre Martinet à la Selle-sur-le-Bied.

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- © Sabrina Beaudoin

Pierre Martinet « le traiteur intraitable » a adopté le Loiret en 1996, après avoir acquis la société Louis Lemoine à la Selle-sur-le-Bied. En 2017, le site Louis Lemoine a produit 24 500 tonnes de salades, carottes râpées, coleslaw, céleri, taboulé et 2000 tonnes de quiches.
L’usine basée à la Selle-sur-le-Bied est la plus grande des usines de Pierre Martinet, avec une surface de 23 000 m2.
Chaque jour, l’usine réceptionne 4 à 5 camions de carottes. Un camion de 28  à 30 T est vidé en 45 minutes. Les carottes passent sur des étoiles pour retirer la terre. La terre est d’ailleurs récupérée et revendue.
Dans le Loiret, il n’y a plus qu’un seul producteur de carottes qui approvisionne l’usine Louis Lemoine du groupe Pierre Martinet. Les carottes restent françaises malgré tout puisqu’elles proviennent de la Marne, des Landes et de l’Ain.

« Nous faisons 27000 tonnes de produits et nous sortons 7000 tonnes de déchets, des produits qui sont à 100 % valorisés ou recyclés. Nos bios déchets sont valorisés en alimentation animale bovine, compostage et méthanisation (GE Beets et Gâtinais Biogaz) L’usine est très consommatrice d’eau, 130 000 m3 d’eau par an. Nous faisons le nécessaire  pour économiser au maximu l’eau. 100 % de l’eau part en épuration avec un programme d’épandage, tout comme nos boues qui partent soit en méthanisation soit en épandage agricole » assure Christine Godart, responsable développement durable et sécurité qui travaille pour le groupe Pierre Martinet depuis 1990.

Travailler avec les agriculteurs locaux est donc une nécessité pour Pierre Martinet. « L’entente avec les agriculteurs locaux est essentiel. D’un point de vue approvisionnement, c’est difficile. Par ici, les agriculteurs ne cultivent pas la carotte. Nous n’en n’avons qu’un seul en bord de Loire mais nous sommes toujours à la recherche de matières premières locales » précise-t-il. Par contre, en ce qui concerne les déchets, l’usine Louis Lemoine travaille depuis 18 ans avec les mêmes agriculteurs et éleveurs sur un périmètre de 10 km autour de l’usine.

7,5 tonnes de carottes râpées à l’heure !
Une fois la terre retirée, les carottes sont lavées une première fois, calibrées puis découpées. Pierre Martinet a créé une machine adaptée pour le lavage des carottes et l’éboutage. Lors de l’éboutage, les deux extrémités de la carotte sont retirées. Les carottes sont ensuite découpées en tronçons de 2 mm.  Une fois cette opération réalisée, les carottes sont lavées à nouveau. Elles passent ensuite dans un rouleau abrasif où elles tournent sur elles-mêmes pour être épluchées. « Le temps de pelage est géré pour éviter d’avoir trop de déchets. Puis, les carottes sont rincées puis passent dans une râpeuse. Les carottes râpées sont ensuite dédiées à toutes les lignes. Nous sommes capables de faire 7,5 T de carottes à l’heure» indique Denis Carbonnelle, directeur du site.
Passionné de sport automobile, pilote et sponsor principal d’une écurie Porsche, Pierre Martinet a importé la technologie de l’automobile dans son usine « On a rapporté les acquisitions de données sur nos lignes de production comme en sport automobile. C’est surtout pour avoir la connaissance des arrêts machines et de la durée de ces arrêts. C’est une télémétrie qui gère le moment de freinage (arrêt machine) et vitesse d’accélération (remise en route) » explique-t-il.

120 barquettes par minutes !
Dans la zone de conditionnement, Pierre Martinet a aussi pensé au bien-être de ses salariés. En effet, une bâche a été posée pour couper le froid entre la mise en carton et la mise en palette. La mise en palette est automatisée et une fois la palette remplie, l’engin se déplace et va stocker la marchandise dans le lieu de stockage. « Nous avons mis cette bâche pour donner un peu plus de chaleur aux personnes qui travaillent sur la ligne. D’un côté nous avons 4°C et de l’autre 0°C » avoue-t-il. La ligne met en carton 120 barquettes par minutes, 500 000 barquettes par jour en pleine saison.
Chaque année, Pierre Martinet innove dans ses recettes. Mode oblige, il surfe aussi sur la vague du bio et du sans gluten, fabriqués en Vendée. Notons que la quiche Lorraine et ses variantes sont préparées à la Selle-sur-le-Bied, tout comme la gamme de madeleines. Les salades de carottes, céleri, coleslaw, quinoa et un peu de taboulé également.

« Le quinoa provient d’Amérique Latine car la production française est trop faible. Cela peut être une source de débouchés pour les agriculteur en recherche de diversification, sachant qu’il y a une grosse production de quinoa en Anjou » précise-t-on. L’usine du Loiret fait aussi office de point de départ, des produits réalisés au siège, à Saint Quentin Fallavier. Les produits sont stockés dans le Loiret avant d’être dispatché dans la France entière. (Martinet8/9/10: Pierre Martinet créé de nouvelles recettes chaque année. )

A noter qu’avant son rachat, la société Louis Lemoine employait 35 personnes et fabriquait des pizzas, quiches, feuilletages et salade pour 130 T par an. Aujourd’hui, l’entreprise Louis Lemoine du groupe Martinet emploie 180 personnes en période creuse et jusqu’à 250 en haute saison. Sur le Groupe Pierre Martinet France, 40 apprentis sont recrutés chaque année. Actuellement, les dirigeants se trouvent dans une impasse : le recrutement.  « Nous avons 8 lignes de production. En hiver on tourne à 10/11 équipes et l’été à 23/24. On cherche 12 équipes soit 25 personnes. Malgré le nombre conséquent de chômeurs sur Montargis, je n’arrive pas à recruter » Denis Carbonnelle, le directeur du site.

La  société basée à  La Selle-sur-le-Bied, entre Ferrières-en-Gâtinais et Courtenay, à 20 km de Montargis offre des postes en CDI et CDD pour conducteur de ligne, adjoint responsable qualité et contrôleur qualité. Mais même avec des salaires attractifs, de 1300 € à 1700 € net pour un conducteur de ligne avec possibilité rapide d’évolution et prime de froid, Pierre Martinet peine à recruter. «Notre seul critère c’est savoir lire et écrire car chaque fourchette sera consommée. Mais il faut que le salarié ait envie de travailler ! » insiste-t-il en précisant qu’aucun diplôme n’est nécessaire car l’usine forme ses salariés. Le turn over de l’usine familiale est faible, la plupart des salariés bénéficie rapidement de promotion interne.

Pierre Martinet déplore le manque de transport en commun entre la Selle-sur le Bied et Montargis. Il suppose que si le recrutement est difficile, c’est peut être à cause de la logistique. Il espère que les transports reliant Sens, Courtenay ou Montargis seront développés afin de faciliter les trajets des salariés...

Quelques chiffres :

Le Groupe Martinet c’est :
✓ 680 personnes en permanent
✓ 72 000 tonnes de salades
✓ 2700 tonnes de pâtisseries salées
✓ 400 tonnes de charcuteries

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