Loiret Agricole et Rural 19 décembre 2014 à 15h00 | Par Olivier JOLY

Jacques Mercier tient bon la barre de la biodiversité

L'agriculteur d'Erceville, Second vice-président de l'association Hommes et Territoires, a conçu un système préservant la faune sauvage lorsqu'il détruit ses couverts.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
Le labour s'effectue en parallèle du broyage afin d'enfouir la matière sèche. (© Loiret agricole et rural)  © Loiret agricole et rural  © Loiret agricole et rural

« J'ai toujours fait des couverts d'intercultures » raconte Jacques Mercier, céréalier-betteravier (180 ha de SAU) à Erceville. Sur 60 ha, le professionnel sème un mélange de moutarde et de vesce et de la moutarde seule sur le reste de la surface à raison de 3 kg/ha. « Les cultures intermédiaires piègent l'azote et permettent d'enterrer la matière organique. » Directrice de la Fédération régionale des chasseurs, Aude Bouron prolonge l'explication : « Des conditions sont à respecter pour que les intercultures favorisent la biodiversité. »

Dans le cadre d'Agrifaune, l'entité a travaillé avec la chambre régionale d'agriculture, l'association Hommes et Territoires et l'Office national de la Chasse et de la Faune sauvages. Cela a donné lieu, en 2013, à la publication d'un document : des conseils à destination des agriculteurs et des coopératives. Exemples de sujets traités : la composition des mélanges, la densité des semis et la destruction des couverts. « Il faut que l'implantation de couverts soit compatible avec la pratique agricole » précise Aude Bouron. Or un mélange de moutarde et de vesce coûte deux à trois fois plus cher qu'un couvert de moutarde seule !

Neuf cents litres de carburant

Dans un deuxième temps, la Fédération nationale des chasseurs a oeuvré avec les principaux semenciers afin de proposer certains mélanges. Ceux-ci sont au nombre de quatre et sont répertoriés dans un document. Dans un troisième support, les semenciers ont formulé leurs propositions commerciales. « Nous ne voulions pas privilégier un opérateur ou un autre » justifie la représentante des chasseurs.

Jacques Mercier a fait ses calculs : entre les semis et le broyage, la culture de couverts engendre une consommation de neuf cents litres de carburant. Une dépense à laquelle l'intéressé consent de bonne grâce : « Je suis chasseur et j'aime la nature. Or les couverts favorisent la biodiversité. » Et lorsque le moment de la destruction approche, l'agriculteur utilise une barre d'effarouchement : « Les couverts végétaux constituent un refuge pour les oiseaux, les lapins, etc. Tout ce qui est faune sauvage liée à la chasse. » Installée à l'avant du tracteur, la barre d'effarouchement, fabriquée par l'agriculteur lui-même il y a une dizaine d'années, se compose de chaînes à vaches. « Lorsque je rentre sur la parcelle, cela fait du bruit... » Pris de panique, les animaux s'enfuient dans un champ situé plus loin et ne sont pas broyés par la machine !

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Loiret agricole & rural se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Les brèves du journal
Prochaine brève

10 brève(s) » voir toutes

Les ARTICLES LES PLUS...

Voir tous

Voir tous