Loiret Agricole et Rural 26 décembre 2014 à 08h00 | Par Olivier JOLY

InVivo : objectif 12 milliards d'euros en 2025

Lors du congrès de la coopération agricole, l'Union a présenté son plan stratégique à l'horizon 2025 : développement des exportations et positionnement sur les marchés à forte valeur ajoutée.

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De gauche à droite, Philippe Mangin, Jérôme Calleau et Thierry Blandinières. (© Loiret agricole et rural) Le mercredi 17 décembre à Paris, Porte Maillot. © Loiret agricole et rural  © Loiret agricole et rural

Multiplier le chiffre d'affaires du groupe par deux en dix ans et la performance économique par trois : c'est l'objectif du plan stratégique d'InVivo à l'horizon 2025. Une ambition dévoilée Porte Maillot à Paris le mercredi 17 décembre, à l'occasion du congrès annuel de la coopération agricole. Jérôme Calleau, président délégué : « Le monde agricole a des défis à relever : croissance démographique, environnement, changement climatique, évolutions technologiques, etc. Autant d'opportunités pour ceux qui sauront apporter des réponses et InVivo sera l'un de ceux-là. »

Être une tête de pont de l'agriculture française dans le monde, investir dans les métiers d'avenir et trouver de nouveaux débouchés pour la production d'origine française : ce sont les trois objectifs du groupe coopératif. Qui s'appuie sur trois leviers : recherche et développement, développement international et alliances stratégiques. Prenons l'exemple du pôle agricole et notamment de l'activité agroéquipement. « Nous devons nous adapter à un contexte ayant évolué » a déclaré Laurent Martel, son directeur. D'où une mutualisation des achats, des investissements en amont ainsi que la production et l'analyse de données. Pour le premier point, l'idée est la suivante : « Créer une centrale nationale qui soit efficace car les fournisseurs traditionnels ont tendance à se consolider. »

90 % du marché mondial

Voyons le deuxième point à travers le prisme de la santé du végétal : « Nous voulons nous assurer que nous proposons la palette de solutions la plus large. » D'où un accompagnement à l'innovation et le développement de nouvelles offres, telles le biocontrôle. « En partant des besoins des agriculteurs, nous identifierons des segments de marché où il existe des manques et, avec nos fournisseurs, nous créerons une offre. » Quant au troisième élément, le schéma est le suivant : pour gagner en compétitivité, l'agriculteur a besoin de connaître ses besoins en azote. Via des satellites. Une technologie qui, un jour, pourrait s'appliquer à l'irrigation. « Il faut que les acteurs se dotent des outils nécessaires. Demain, la moissonneuse-batteuse sera directement connectée au silo : nous ne rêvons pas ! Des innovations qui vont arriver rapidement et qu'il faudra saisir pour faire la différence. »

Quid de la gestion du risque prix ? Laurent Martel a apporté cette réponse : « Nous devons être présents sur tous les marchés qui influent sur le prix des céréales. » InVivo projette de passer des alliances avec une douzaine d'opérateurs : Australie, Amérique du Nord, etc. « Des partenariats actifs. » Objectif : accéder à 90 % du marché mondial.

Quelque chose de révolutionnaire !

Autre exemple : le pôle santé et nutrition animales. Hubert de Roquefeuil, directeur général : « Un marché en forte croissance : Afrique, Asie, Amérique du Sud, etc. » Un phénomène lié à la croissance de la population et à des habitudes de consommation qui évoluent. Le développement des animaux de compagnie (chiens, chats et chevaux), consécutif à l'émergence d'une classe moyenne, ne doit pas non plus être négligé. « Nous devons consolider la stratégie mise en oeuvre depuis trois ou quatre ans : répartir les risques avec une approche multimétiers, diversifier les espèces et, d'un point de vue géographique, se positionner là où la population augmente. »

La création d'une maison de l'innovation à Vannes (Morbihan), un investissement de cinq millions d'euros, illustre la stratégie d'InVivo. « Nous voulons proposer quelque chose de révolutionnaire ! » a déclaré Hubert de Roquefeuil. L'idée est d'attirer au-delà des activités recherche et développement : marketing, etc. Le représentant du groupe coopératif a également évoqué « la défense immunitaire des animaux par voie naturelle ». D'où l'acquisition de sociétés en Suisse et au Brésil. L'enjeu : « Disposer d'une force de percussion sur des marchés en forte croissance. »

La conviction de Philippe Mangin

« Sur le plan stratégique, nous sommes au rendez-vous » a indiqué Thierry Blandinières, directeur général d'InVivo. D'ici peu, un business-plan destiné à concrétiser les choses et portant sur les cinq prochaines années sera établi. « Nous devrons créer plus de transversalité et la dimension internationale sera de plus en plus présente. » Au siège parisien du groupe, la langue de Molières pourrait ne plus être la seule qui soit parlée... Président de l'entité, Philippe Mangin a exprimé une conviction : « Ce projet est utile pour reconquérir la place que la France n'aurait jamais dû perdre sur le podium européen et mondial. L'Afrique attend beaucoup de la France et de la coopération agricole. Ce plan redonne une visibilité à l'action de notre Union nationale. Il suppose une gouvernance rénovée et agile, garante de notre modèle coopératif. »

Le monde agricole selon Adler...

En fin de convention, Alexandre Adler, journaliste et historien, spécialiste des relations internationales, a apporté sa vision du monde et du monde agricole en particulier : « Votre entreprise se situe à contre-cycle de ce qu'on entend partout : c'est encourageant d'envisager l'avenir avec audace. » Alors que le déficit commercial de la France bat des records, « le redressement de notre balance commerciale repose sur la capacité à être présent sur les différents marchés internationaux ». Une stratégie mise en oeuvre en Allemagne. « Nous avons su le faire dans le passé et nous saurons à nouveau le faire dans le futur. »

Dans la bonne direction

Vers 2050, la population mondiale devrait connaître un pic avec neuf milliards d'habitants. « Il faut penser à une augmentation qualitative et non seulement quantitative de la production agricole. Nourrir la planète, c'est un défi. Mais on peut le relever et la France doit prendre part à cette expansion. » La Chine compte 51 % d'urbains : « Notre monde de demain sera un monde des villes » estime Alexandre Adler. « Nous aurons besoin d'un monde des campagnes adapté à la problématique environnementale à laquelle nous serons confrontés. »

Or notre pays serait un leader européen en la matière : « N'en déplaise aux écologistes, l'énergie nucléaire est la plus propre et la France reconstitue son patrimoine forestier, ce qui réduit d'autant son impact carbone. Une ressource qu'il faudra encore optimiser et valoriser. (...) Nous sommes à la veille d'un tournant dans l'histoire de l'humanité : nous avons besoin d'hommes novateurs, résolus à sortir des sentiers battus. Et ce que j'ai entendu ce matin me fait dire que vous allez dans la bonne direction ! »

InVivo en quatre chiffres

- 223 coopératives adhérentes.

- 8.000 collaborateurs dans le monde.

- 5,7 milliards d'euros de chiffre d'affaires, dont 42 % à l'international.

- Une implantation dans 20 pays.

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