Loiret Agricole et Rural 18 avril 2014 à 20h35 | Par Olivier JOLY

Fay-aux-Loges. - Le Gaec Maisons Pavées est passé de l'aire paillée aux logettes

La nouvelle organisation a permis d'augmenter la production et d'améliorer la qualité sanitaire du lait.

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Bruno Cordier : « Nous voulions rester dans quelque chose de raisonnable compte tenu des incertitudes du marché. » © Loiret agricole et rural Dans la nouvelle configuration, il y a cinq vaches de plus. © Loiret agricole et rural

En 2012, Bruno Cordier, éleveur laitier en Gaec à Fay-aux-Loges, a remplacé son ancien système d'aire paillée de couchage et de table d'alimentation sur béton par des logettes. « Le changement s'est opéré en raison de la croissance du cheptel : la densité des animaux à l'intérieur du bâtiment avait augmenté et nous avions de plus en plus de mal à maîtriser la qualité cellulaire du lait. »

La présence de cellules atteste d'une inflammation de la mamelle d'origine bactériologique ou physique. « Or le taux de cellules constitue l'un des critères de paiement du lait. » En dessous de 250.000 cellules par millilitre, l'éleveur perçoit un point de bonus de 3,049 EUR/t. De 250.000 à 300.000 cellules par millilitre, une pénalité d'un point est appliquée. On passe à trois points pour un nombre de cellules au millilitre compris entre 300.000 et 400.000. Au-delà de ce seuil, la sanction grimpe à cinq points.

« À l'époque, nous avions des pénalités neuf mois sur douze. L'aire paillée est un système qui a fonctionné un temps : avec une densité d'animaux pas trop importante et un niveau de production pas trop élevé, nous avions une fermentescibilité de la litière moins importante. Aujourd'hui, la quantité d'effluents est plus importante et plus riche en raison de l'augmentation de la quantité et de la qualité des rations pour répondre à la hausse de la production. » De nos jours, chaque vache consomme quotidiennement vingt-deux kilogrammes de matière sèche contre dix-sept ou dix-huit auparavant.

« Nous étions arrivés au bout du système d'aire paillée chez nous » juge Bruno Cordier. « Nous avons cherché à maîtriser la litière en curant de plus en plus. Mais cela n'a pas suffi. » Intervenait aussi la gestion de la quantité de paille : « Nous consommions douze kilogrammes de paille par vache et par jour : nous étions à peine autonomes dans note système. »

Un gain de sept mois

Si les logettes s'imposèrent comme une évidence, la nouvelle configuration posait la question suivante : « Allait-on pouvoir loger autant de vaches ? Il était hors de question de refaire le bâtiment : nous voulions rester dans quelque chose de raisonnable compte tenu des incertitudes du marché. » L'éleveur contacta Alysé et la coopérative indiqua à son interlocuteur que le projet tenait la route.

« Il fallut faire des logettes (NDLR : soixante-seize emplacements de 3 m de long et 1,20 m de large) et prévoir le stockage des effluents provenant des logettes. Ce qui amena à construire une fumière et une fosse. Au niveau des effluents, nous voulions du pailleux : éviter qu'il y ait trop de lisier. D'où des logettes fortement paillées : de quatre à cinq kilogrammes de paille par vache et par jour. »

Montant de l'investissement : 160.000 EUR. Subvention : 35.000 EUR au titre du Plan de modernisation des bâtiments d'élevage. Emprunt : 90.000 EUR sur dix ans. Autofinancement pour le reste. Question : est-ce que l'éleveur récupère sa mise sur la qualité du lait?

« Sur douze mois, on doit arriver à dix mois où nous nous situons en dessous de 250.000 cellules par millilitre. » Soit un gain de sept mois. Avant la modernisation des bâtiments, le critère cellulaire représentait un impact de 9 EUR/t. « Aujourd'hui, la moitié du coût de l'investissement est compensée par l'amélioration de la qualité du lait. »

Du temps de l'aire paillée (NDLR : 450 m2), l'élevage comptait soixante-dix vaches. Dans la nouvelle configuration, il y en a cinq de plus. Ce qui donne 50.000 litres de lait supplémentaires chaque année, soit un gain annuel d'environ 35.000 EUR. Autre incidence : « Le nombre de vaches traitées pour mammite a diminué de 50 . Conséquence : les frais sanitaires sont en baisse. »

Un durcissement des critères

Bien que l'opération semble être une réussite, l'éleveur de Fay-aux-Loges demeure prudent : « L'analyse vaut pour un instant T et un contexte donné. Toutefois, nous sommes contents d'avoir investi, d'autant que les critères cellulaires se sont durcis surtout si on se situe au-delà de 400.000 unités par millilitre : les arrêts de collectes sont plus fréquents du fait d'un changement dans le mode de calcul. »

Un robot de traite est-il envisageable ? « Un tel équipement a pour conséquence d'augmenter le taux de cellules : on ne se voyait pas se doter d'un tel outil sans maîtriser ce paramètre. » Notre interlocuteur évoque également ce souci : « Avec soixante-seize vaches, on est à une taille qui n'est pas opportune : il faudrait que nous soyons à quatre-vingt-dix vaches pour deux stalles. Car une stalle est faite pour soixante-cinq vaches. »

L'éleveur laitier poursuit : « Actuellement, au niveau de la traite, nous avons une organisation qui nous convient : le robot n'étant pas un besoin urgent, nous prenons le temps de réfléchir. »

Le Gaec en un coup d'oeil

- Deux associés : Bruno Cordier et son frère Hervé. Nicole, l'épouse du second, a le statut de conjoint collaborateur : elle s'occupe de la traite et des visites pédagogiques. Quant à Florence, l'épouse de Bruno, elle n'a pas de statut officiel mais aide au travail durant le week-end. L'équipe comprend également Jason, un apprenti de 21 ans.

- Chiffre d'affaires : 460.000 EUR. L'élevage en représente 70 %.

- Cheptel : 80 vaches laitières (Prim'Holstein) et autant de génisses pour un quota de 750.000 litres. Production livrée à la Laiterie de Saint-Denis-de-L'Hôtel. Prix de base 2013 : 341 EUR les 1.000 litres. Avec les différentes primes de qualité (protéines et matière grasse) : 358 EUR les 1.000 litres.

- Vente au détail pour un volume de 5.000 litres au prix de 65 centimes le litre.

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