Loiret Agricole et Rural 19 février 2014 à 08h00 | Par Respe

Equins - Un cas de Gourme équine dans le Loiret

Le Respe, réseau d’épidémio-surveillance en pathologie équine, vient de contacter les détenteurs de chevaux du Loiret déclarés (professionnles ou pas) pour les avertir d'un foyer de gourme dans le Loiret. Un mâle Haflinger de 3 ans, est atteint de la maladie il est donc contagieux. Aussi, les propriétaires et détenteurs de chevaux sont sensés être vigilants lors de leurs déplacements et ils doivent vérifier qu'ils ne seront pas en contact avec cet animal ou les animaux qui sont en proximité.

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Archives. Ce cheval n'est pas le cheval malade, ce n'est pas un Haflinger mais un cheval de trait.
Archives. Ce cheval n'est pas le cheval malade, ce n'est pas un Haflinger mais un cheval de trait. - © François d’ Alteroche

 



La gourme, ou angine du cheval, est une infection redoutable et très contagieuse des chevaux et autres équidés qui est causée par une bactérie (Streptococcus equi). Elle se caractérise par une forte inflammation des muqueuses de la tête et de la gorge, accompagnée d’une hypertrophie des ganglions lymphatiques qui, souvent, crèvent et laissent échapper en abondance du pus épais et jaunâtre. La gourme est provoquée par la sous-espèce equi de la bactérie Streptococcus equi (Streptococcus equi (S. equi)), qui est mieux connue sous le nom de streptocoque de la gourme. Cet organisme peut être isolé dans les sécrétions nasales ou les ganglions lymphatiques des animaux malades et facilement identifié en laboratoire par les épreuves de fermentation des glucides (sucres).

Transmission et survie dans l'environnement

La gourme peut atteindre les chevaux de tous âges, mais elle frappe principalement les sujets de moins de 5 ans, et surtout les poulains sevrés ou les chevaux d’un an élevés en groupes. Jusqu’à l’âge de 4 mois, le poulain est habituellement protégé contre la maladie par l’immunité(1) passive qu’il a acquise grâce au colostrum de sa mère. Le streptocoque de la gourme se maintient dans la population chevaline par l’intermédiaire des chevaux porteurs, mais il ne survit pas plus de 6 à 8 semaines dans l’environnement. Bien qu’il soit peu robuste, l’infection qu’il provoque est extrêmement contagieuse. La maladie se transmet directement ou indirectement entre les sujets porteurs et les animaux sensibles. La transmission est directe quand il y a contact avec un cheval chez qui la gourme est en incubation ou qui vient de se remettre de cette maladie, ou avec un cheval qui porte la maladie depuis longtemps sans extérioriser de signe clinique. La transmission et indirecte quand il y a contact avec un milieu contaminé, que ce soit l’écurie (seaux, aliments, murs, portes) ou le pâturage (herbe, clôture, mais les abreuvoirs sont presque toujours en cause), ou avec les mouches(2).

 

Manifestation clinique de la gourme

Les chevaux sensibles extériorisent l’infection entre le 3e et le 14e jour qui suivent le contact avec le streptocoque (2). Ils manifestent les signes habituels d’un processus infectieux généralisé (abattement, manque d’appétit et fièvre à 39–39,5 °C). Mais, surtout, ils présentent les signes plus caractéristiques de la gourme qui sont le jetage (écoulement ou catarrhe nasal, d’abord muqueux, puis très vite grumeleux et purulent), une toux faible et un oedème léger mais douloureux entre les mandibules, et une enflure du ganglion lymphatique sous-maxillaire. Les chevaux malades se tiennent souvent la tête basse en extension sur l’encolure pour tenter d’atténuer la douleur au niveau de la gorge et des ganglions lymphatiques. À mesure que la maladie évolue, des abcès se développent dans les ganglions lymphatiques sous-maxillaires (les ganglions de l’auge, situés entre les mandibules) et/ou rétropharyngiens (les ganglions de la gorge). Les ganglions lymphatiques durcissent, deviennent très douloureux et peuvent gêner la respiration. Les abcès des ganglions lymphatiques mûrissent et crèvent spontanément (on peut aussi les inciser à la lancette) au bout de 7 à 14 jours, en libérant un pus épais fortement contaminé par S. equi. En général, le cheval se remet rapidement de l’infection après la rupture des ganglions abcédés. La maladie évolue le plus souvent de la façon classique décrite ci-dessus, mais chez certains chevaux (surtout les sujets âgés) elle est brève et bénigne, sans abcédation des ganglions lymphatiques ou presque. Cela viendrait du fait que ces chevaux possèdent une immunité partielle contre la gourme ou qu’ils ont été infectés par un streptocoque relativement moins virulent. La forme classique de la gourme est grave et peut aboutir à la mort, parce qu’en général elle ouvre la voie à toutes sortes de complications.

Les complications majeures, souvent mortelles, qui peuvent survenir dans le sillage de la gourme sont les suivantes :

  • La gourme généralisée, qui, en plus d’infecter les ganglions lymphatiques drainant la gorge, provoque des foyers infectieux dans des organes qui ne sont pas habituellement atteints. Par exemple, des abcès peuvent se développer et crever dans les ganglions lymphatiques pulmonaires et abdominaux, quand l’infection semble résorbée, parfois plusieurs semaines après. Un abcès peut se former dans le cerveau et se rompre, entraînant la mort soudaine de l’animal. Un abcès dans un ganglion rétropharyngien peut laisser écouler du pus dans la gorge, lequel sera inhalé dans les poumons.

 

  • Le purpura hémorragique, une inflammation aiguë à médiation immunitaire, qui se déclare dans les vaisseaux sanguins périphériques dans les 4 semaines qui suivent la gourme, pendant la convalescence de l’animal. Il est provoqué par les complexes immuns qui se forment entre les anticorps du cheval et des composantes du streptocoque. Immobilisés dans les capillaires, ces complexes immuns causent une inflammation des muqueuses qui fait apparaître des pétéchies (nombreux petits points hémorragiques). Ces pétéchies déclenchent un oedème étendu et grave de la tête, des membres et d’autres parties du corps. Le purpura peut aussi être la complication d’une vaccination de routine.

 




 


Qu’est-ce que le RESPE ?

Le RESPE est le premier réseau d’épidémio-surveillance en pathologie équine européen fondé sur un réseau de Vétérinaires Sentinelles (VS). Actif depuis 1999, l’intérêt du RESPE est reconnu, tant au niveau local pour les vétérinaires praticiens, qu’au niveau régional, national et international pour tous les acteurs de la filière équine et pour les responsables en charge de missions sanitaires dans cette espèce. Le RESPE, issu du travail bénévole de la commission « Maladies Infectieuses et parasitaires » de l’Association Vétérinaire Equine Française (AVEF), est devenu le 08 avril 2008, un réseau indépendant (association loi 1901) de veille et d'alerte sanitaire en pathologie équine,réunissant en son sein l'ensemble de la filière et travaillant à son service.

Fonctionnement du réseau

Le fonctionnement du réseau sur le terrain est assuré par plus de 450 Vétérinaires Sentinelles (VS) qui sont des vétérinaires praticiens et volontaires répartis sur plus de 89 départements.
Leur rôle principal au quotidien est de remonter, vers le RESPE, les suspicions de maladies suivies par l'un des sous réseaux rencontrées sur le terrain.
Lors de suspicion, le VS effectue les prélèvements requis, définis dans un protocole clairement établi et diffusé pour chacun des sous-réseaux. Ceux-ci sont ensuite adressés à un laboratoire partenaire avec une fiche standardisée imprimable à la fin de la déclaration en ligne réalisée par le Vétérinaire Sentinelle via le site Internet du RESPE.
Les résultats des analyses parviennent ensuite au RESPE ainsi qu'aux Vétérinaires Sentinelles ; en cas de positif, le RESPE est prévenu dans les meilleurs délais par téléphone ou par mail. Le réseau diffuse alors une alerte anonymée à l'ensemble de ses contacts pour informer, appeler à la vigilance et éventuellement proposer certaines mesures sanitaires.
Lors d'épizootie, le RESPE assure alors un suivi renforcé du ou des foyers, informe régulièrement la filière, peut mener des enquêtes sur le terrain et déclenche dans les cas extrêmes, une cellule de crise qui coordonne l'ensemble des mesures.
Le RESPE est également une plateforme relayant les informations sur les maladies réglementées et est, à ce titre, le relai officiel de la DGAl et des DDPP/DDCSPP.

 

Objectifs du réseau

Le RESPE a un quadruple objectif :

1) Assurer une veille sanitaire des maladies équines en particulier celles présentant une contagiosité importante, occasionnant des pertes économiques majeures ou présentant un risque en santé publique. Cette veille sanitaire est assurée au travers de quatre sous-réseaux :
- le sous-réseau « Syndrome respiratoire aigu »
- le sous-réseau de « Myopathie atypique »
- le sous-réseau « Syndrome nerveux »
- le sous-réseau « Avortement »

2) Développer un réseau de compétences vétérinaires permettant une collecte rapide d’informations épidémiologiques et leur diffusion à l'ensemble de la filière

3) Alerter les autorités sanitaires, les socioprofessionnels et les pouvoirs publics le cas échéant

4) Gérer les crises sanitaires hors maladies réglementées grâce à un réseau d’alerte et la constitution d’une cellule de crise

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