Loiret Agricole et Rural 02 septembre 2015 à 18h00 | Par François-Robert Thomas

En 2012, un ami m'a conseillé : «laisse les moutons aller se faire tondre François !»... Je n'étais pas d'accord !

François-Robert Thomas est un betteravier du nord du Loiret qui se pose quelques questions sur l'avenir de la filière. Libre expression.

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- © François-Robert Thomas

Alors j’ai participé à toutes les réunions publiques que la filière offrait pour «sensibiliser» mes confrères aux nuages actuels et futurs qui planaient sur le «système betterave» français, cela, par le biais d’interpellations et questionnements parfois brutaux de nos représentants.

En 2012, mon choix a été de ne pas souscrire à l’offre de Cristal Union de devenir coopérateur. En premier lieu, je savais que cela signifiait lier le destin de ma ferme à celui de cette industrie ce qui m’inquiétait pour les raisons suivantes :

Le journal de la CGB «le betteravier français» ne cessait de s’inquiéter de faire proroger le règlement sucre jusqu’en 2020… et d’expliquer que ce serait catastrophique pour la filière… Quelques mois après les réunions organisées pour nous «vendre» l’adhésion, les quotas étaient abrogés par la commission européenne…

• La betterave est forte consommatrice d’intrants quand l’heure est à la réduction de leur utilisation. Qu’on le veuille ou non, ainsi en ont décidé nos chères élites nationales et européennes,

• La betterave nécessite en moyenne 4 à 5 tours d’irrigation pour atteindre les seuils de rentabilité quand la pression sociétale nous impose de restreindre et diminuer nos prélèvements d’eau dans les nappes à coup de diverses réglementations, taxes et de contingentements…

• La betterave fatigue les sols et abîme parfois durablement leur structure en plus d’y entretenir des maladies et parasites que le progrès génétique peine à contrer,

Les routes sont parfois abimées et souvent salies par les camions et/ou tracteurs agricoles :
les administrés se plaignent, certes parfois abusivement, aux maires qui se retrouvent en porte à faux avec les agriculteurs dont ils connaissent l’implication locale.
Aujourd’hui, il nous faut obtenir l’autorisation de la mairie pour faire charger nos betteraves en utilisant les routes communales. Traduisez : que le maire prenne sur lui donc la commune, les nuisances et la charge des dégâts et/ou accidents survenant sur le réseau routier communal… Pour combien de temps encore ?

• L’Europe ne cesse d’octroyer à des pays à bas coût de production, exportateurs de sucre et acquéreurs d’airbus, des droits à l’importation de leur production de sucre sans taxes douanières : déjà l’équivalent de 3 usines européennes autorisé à venir concurrencer notre sucre et ainsi faire baisser le prix intra-communautaire…

• Les concurrents du sucre existent : l’isoglucose pousse et fait du lobbying à Bruxelles… pour le moment contenu, sa part de marché n’augmentera-t-elle pas dans l’avenir…

• L’éthanol produit avec notre sucre est sans cesse bridé par le lobby pétrolier européen…

Tout cela était tolérable à 26 €/tonne mais le sera moins pour des prix inférieurs…

Retrouvez la suite de notre témoignage en page 5 de notre édition du vendredi 4 septembre.

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