Loiret Agricole et Rural 09 mai 2014 à 08h00 | Par Olivier JOLY

Cuma - Du gagnant-gagnant entre l'ADPLC et la Solognote

L'organisation de producteurs met à disposition de la coopérative du matériel d'arrachage de légumes : une souplesse pour les deux partenaires.

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L'automotrice sert pour l'arrachage des salsifis et des carottes. © Photo Thierry Pommier. Thierry Pommier, président de la coopérative : « Les trois machines sont conduites par des adhérents. » © Loiret agricole et rural. Pour des raisons techniques, cette arracheuse tractée n?est utilisée que pour les salsifis. © Photo Thierry Pommier. Ludovic Fichot, responsable administratif de l?ADPLC. © Loiret agricole et rural. Une vue intérieure de l'usine Maingourd de La Chapelle-Saint-Mesmin. © Loiret agricole et rural.

L'arrachage de salsifis et de carottes pour le compte des Établissements Maingourd (La Chapelle-Saint-Mesmin) : ce sont les deux activités proposées par la Solognote. La Cuma dispose de trois machines : une automotrice permettant de traiter les deux cultures ainsi que deux machines tractées, l'une pour les salsifis et l'autre pour les carottes.

Si l'automotrice est polyvalente, pourquoi chacune des deux arracheuses tractées est-elle dédiée à une culture particulière ? Thierry Pommier, président de la coopérative, apporte la réponse : « Pour les carottes, nous travaillons avec une machine deux-rangs et on arrache par la courroie : on pince les feuilles pour sortir les carottes de terre et les monter sur un tapis de secouage. Quant au salsifis, il est plus long en terre : trente centimètres contre la moitié pour une carotte. Et ne s'arrachant pas par les feuilles car, en hiver, il n'y en a pas, il faut soulever l'ensemble terre-légume avec un soc qui le dépose sur un tapis secoueur. »

600 EUR par hectare travaillé

L'Association des Producteurs de Légumes en Conserves (ADPLC) met les trois machines à disposition de la Cuma, cette dernière prenant en charge l'entretien et la conduite des engins. Chaque année, soixante-dix hectares de salsifis et soixante de carottes sont arrachés. La coopérative compte une trentaine d'adhérents. Montant de la part sociale : 200 EUR par hectare engagé. Prix d'utilisation du matériel : 600 EUR par hectare travaillé.

« Les trois machines sont conduites par des adhérents. S'agissant de l'automotrice, deux ou trois producteurs mettent leur chauffeur à disposition car la machine s'avère complexe et requiert des connaissances en électronique. » Les salsifis sont récoltés au cours des mois de janvier, février et mars. Commentaire du président de l'entité : « Les conditions sont difficiles : gel, pluie, etc. Il faut donc des terres sableuses. D'où la concentration de la production sur le Val de Loire, à la terre filtrante. »

Installé à Tigy, Thierry Pommier a enregistré cette année des rendements de vingt-sept tonnes par hectare, contre vingt-neuf à trente tonnes habituellement. « Les semis ayant lieu en avril, c'est une culture qui reste un an en terre. Et celle-ci s'avère très compliquée à réaliser : désherbage, etc. » Quant à l'arrachage des carottes, il se déroule sur la période allant de début juin à fin juillet. « On procède en fonction de la demande en pois de Maingourd pour son ensemble composé de petits pois et de carottes : il faut que les deux légumes arrivent en même temps. »

Un haut degré de technicité

Datant de 2011, l'automotrice est la plus récente des trois machines. « Celle-ci présente un plus haut degré de technicité et possède plus de tapis pour secouer la terre. Cependant, travaillant avec une planche entière, on prend plus large : 1,20 m au lieu de deux rangs de trente centimètres. Conséquence : on ramasse plus de terre. »

Toutefois, selon le président de la Cuma, il est avantageux d'utiliser ce procédé : « Le travail est moins prenant car c'est un autre chauffeur qui est aux commandes alors que, pour une arracheuse tractée, il faut un chauffeur dans le tracteur et un autre dans la machine. En outre, si les conditions sont optimales, l'arrachage à l'automotrice est plus rapide : six heures par hectare contre huit à dix heures avec une machine tractée. » Dans tous les cas, Maingourd met des caissons à disposition en bout de champ.

La Cuma n'étant pas propriétaire du matériel, elle n'en assume pas le coût d'investissement. En revanche, les frais d'entretien sont à sa charge : 30.000 EUR par an. Or un tapis coûte 3.000 EUR et il y en a six en tout : trois pour les salsifis et trois pour les carottes.

Un investissement stratégique

La particularité de la Solognote réside dans son partenariat avec l'ADPLC, l'Association des Producteurs de Légumes en Conserves : une organisation de producteurs (OP) faisant pousser des légumes destinés à l'industrie agroalimentaire. L'entité intervient sur deux secteurs : la Beauce, où sont produits les légumes verts (pois et haricots) et les terres sableuses du Val de Loire, dédiées aux légumes racines (petites et grosses carottes ainsi que salsifis).

L'ADPLC achète le matériel spécifique : arracheuses et semoir pour les salsifis. « Mais il faut une gestion locale explique Ludovic Fichot, responsable administratif de l'OP : les machines sont mises à disposition de la Cuma. En contrepartie, la coopérative assure l'entretien et la récolte auprès des adhérents. »

Quand l'ADPLC intègre un nouveau producteur, de facto, celui-ci devient membre de la Cuma. « Une stratégie gagnant-gagnant : le producteur dispose d'un matériel performant dont il ne s'acquitte que du coût de gestion et un système synonyme de souplesse pour l'ADPLC. Or les chantiers de légumes racines en nécessitent beaucoup vis-à-vis de l'usine de La Chapelle-Saint-Mesmin (NDLR : les Établissements Maingourd). Les jeunes carottes sont destinées à faire un ensemble pois-carottes en boîte : la récolte des carottes doit suivre celle des pois. »

Une machine quatre-rangs

En 2011, l'ADPLC a acquis une automotrice pour un montant de 400.000 EUR hors taxes. « Un investissement stratégique commente Ludovic Fichot : il y a de moins en moins de gens dans les fermes. Conséquence : les agriculteurs ont moins de temps à consacrer à des récoltes spécifiques et à un moment précis. L'automotrice, qui fonctionne avec un chauffeur, donne de la souplesse au producteur. »

La machine en question est une quatre-rangs. Sa devancière était une deux-rangs. Prenant l'exemple des carottes, le technicien de l'OP explique quelle est la différence : « La deux-rangs récoltait par les feuilles. Conséquence : si le feuillage était malade ou avait subi la grêle, on pouvait avoir des difficultés, voire une impossibilité, à récolter. L'automotrice procède par le sol : quelles que soient les conditions, on est en mesure de récolter. »

Notre interlocuteur poursuit : « L'ADPLC et les Établissements Maingourd tiennent fortement à ce secteur des légumes racines. Cela passe par la mise à disposition d'outils performants : nous avons un esprit à renouveler le matériel. » Notons que tous les derniers investissements collectifs de l'ADPLC étaient destinés aux producteurs du Val de Loire.

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