Loiret Agricole et Rural 02 mai 2014 à 14h21 | Par Olivier JOLY

Coopérative - La qualité de l'eau coule de source à la coopérative de Puiseaux

Outils d'aide à la décision et recherche de solutions innovantes sont les deux piliers de l'établissement.

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Jean-Claude Legrand, directeur de la coopérative. © Loiret agricole et rural L’établissement collecte près de trente-cinq mille tonnes de blé par an, dont 70 % de blé améliorant. © Loiret agricole et rural

La coopérative de Puiseaux collecte près de trente-cinq mille tonnes de blé par an, dont entre vingt et vingt-cinq mille tonnes de blé améliorant. Le taux protéinique moyen de ce dernier est de 15,5 . Commentaire de Jean-Claude Legrand, le directeur de l'établissement : «  Avoir choisi le blé de force afin de pallier au potentiel limité du territoire nous oblige à une vigilance sur la fertilisation azotée : cela est indispensable pour obtenir le taux de protéines nécessaire. »

L'entité participe à tous les ateliers de réflexion mis en place sous l'égide des chambres d'agriculture aussi bien dans le Loiret qu'en Seine-et-Marne. À ce titre, elle est partie prenante du programme Protéines 45. Question : comment atteindre le seuil de 15,5  ? « Nous obtenons des dérogations de fertilisation azotée par variété parce que nous avons des méthodes d'analyses pour justifier l'apport au plus juste » répond le directeur de la coopérative.

Parmi les outils existants, citons : la mesure des reliquats azotés ainsi que FarmStar. Dans ce second cas, il s'agit d'une analyse satellitaire de la parcelle : cela concerne sept cents hectares. N'oublions pas les analyses Jubil ! L'adhérent prélève soixante plants dans sa parcelle puis la coopérative coupe toutes les tiges et procède à une analyse du jus de celles-ci : cela permet de connaître sa teneur précise en azote et de calculer les besoins en fonction de rendements prévisionnels et du taux de protéines désiré.

L'établissement effectue plus de cinq cents analyses par an. « La méthode semble un peu contraignante mais revêt l'avantage d'impliquer l'agriculteur. Or nous sommes sur un marché de niche. Ce qui signifie un cahier des charges strict sur la qualité exigée par le client. Ces enjeux sont expliqués aux agriculteurs. D'où une adhésion de leur part. » La pratique des analyses Jubil date de la fin des années 1990. « Nous obtenons des résultats satisfaisants et réguliers : nous nous adaptons chaque année aux conditions climatiques. Conséquence : les clients ont confiance dans la qualité produite à Puiseaux. »

Un contrat avec McDonald's France

La coopérative loirétaine a signé récemment un contrat de deux ans avec McDonald's France pour la fourniture de 3.500 tonnes de blé améliorant par an. L'établissement vend sa marchandise aux Grands Moulins de Paris, qui fournissent la boulangerie industrielle Eastball, située à Fleury-Mérogis (Essonne). L'idée sous-jacente : produire et transformer localement. Ledit contrat a été signé sous l'égide de France Gâtinais Céréales, une de commercialisation. L'ensemble des coopératives de cette fournit 30 des besoins de Eastball.

« Le prix étant fixé à l'avance, cela permet d'échapper à la spéculation sur les marchés. Mais celui-ci prend en compte les coûts de production de l'agriculteur et lui assure une rémunération décente. » En l'occurrence, 230 EUR la tonne. Soixante adhérents sur cent cinquante se sont inscrits dans la démarche. « Cependant, la réglementation relative à la qualité de l'eau nous pousse dans nos réflexions sur la gestion de l'azote. »

Existe-t-il des solutions ? Oui, semble répondre Jean-Claude Legrand, qui évoque « notre méthode de fertilisation azotée fractionnée » : quatre, voire cinq apports. « Cela nous assure que la plante consomme l'azote apporté et que le procédé ne dégrade pas la qualité de l'eau. » La coopérative participe avec les Eaux de Paris aux discussions relatives aux bassins d'alimentation de captage. Des administrateurs de l'établissement s'impliquent également dans les ateliers de l'innovation sur la gestion de l'eau : une action pilotée par Végépolys et où la chambre d'agriculture du Loiret joue un rôle majeur.

Mesurer l'impact des pratiques

« Nous mettons tout en oeuvre dans nos pratiques pour éviter la pollution de l'eau » déclare Jean-Claude Legrand. On a vu comment pour la partie nitrates. Quid des pesticides ? « Le suivi technique nous permet de protéger les plantes selon les besoins, variables en fonction des années. » Notre interlocuteur poursuit : « La coopérative cherche des solutions innovantes de mesure d'impact de ses pratiques. » Par exemple, Arvalis propose Aquaplaine et Aquavallée : deux outils de mesure des résidus de pesticides de l'eau. « L'idée de la coopérative consisterait à avoir une démarche collective au niveau du territoire. L'enjeu : mutualiser les coûts des études avec les autres coopératives. » Notons que des prestataires privés ont également mis au point des outils de pilotage.

« La coopérative de Puiseaux et ses adhérents ont pleinement conscience de leur responsabilité sociétale liée à la protection de la qualité de l'eau. Nous nous intéressons à tout ce qui peut être innovant de façon à avoir une réglementation adaptée aux pratiques performantes de notre établissement. »

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