Loiret Agricole et Rural 05 décembre 2013 à 08h00 | Par OJ

Coopérative de Boisseaux. - Patrick Durand : « Il faut savoir évoluer »

La prochaine assemblée générale de la coopérative de Boisseaux marquera le 80e anniversaire de l'établissement. Son président répond à nos questions.

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« La coopérative de Boisseaux a suivi les évolutions de l’agriculture en général. » © Loiret agricole et rural En 2012, l'établissement a investi 300.000 EUR pour mettre aux normes ses plus anciens silos. © Loiret agricole et rural « Lier l'économie, l'homme et l'environnement. » © Loiret agricole et rural

Loiret agricole et rural : Qu'est-ce que le 80e anniversaire de la coopérative de Boisseaux représente pour vous ?

Patrick Durand : C'est le résultat d'un service rendu aux adhérents, la réponse à un besoin qui a évolué en fonction du temps et des changements survenus dans l'agriculture. Mais l'esprit est demeuré le même : les agriculteurs se rassemblent pour donner un prolongement à leur exploitation.

LAR : En quatre-vingts ans, qu'est-ce qui a changé dans le visage du modèle coopératif de manière générale et de l'établissement de Boisseaux en particulier ?

Pa. Du. : La coopérative de Boisseaux a suivi les évolutions de l'agriculture en général : nous avons vu apparaître les engrais et les produits phytosanitaires. Avec tout ce qui va avec : la fourniture des intrants. Et, chose très importante, le conseil apporté aux agriculteurs pour l'application de ces produits. L'essence même de la coopérative n'a pas changé : c'est toujours la commercialisation de la production des agriculteurs. Ce qui a changé, ce sont les méthodes de commercialisation. Dans les années 1990, il y a eu un virage très important : la coopérative de Boisseaux s'est spécialisée dans la production et la commercialisation de blés à valeur ajoutée. L'établissement s'est lancé dans une démarche de production de qualité sur des marchés de niche. Cela s'est fait en faisant comprendre aux producteurs que le débouché de leur production, ce n'était pas la coopérative. Mais que leur produit avait une vie après la coopérative. Cette dernière fait son travail mais elle vend à des clients qui sont des malteurs pour l'orge de brasserie, des meuniers pour le blé et des amidonniers. Pour faire comprendre aux adhérents l'enjeu d'une production de qualité, on leur a montré ce que devenaient leurs produits : une démarche de filière. L'idée de fond : bien mettre en avant que le produit doit aller vers des clients et doit correspondre aux demandes de ces derniers.

Un sentiment d'appartenance

LAR : Vous présidez la coopérative de Boisseaux depuis vingt ans : quelle a été votre empreinte sur la conduite de l'établissement au cours de ces deux décennies ?

Pa. Du. : Je ne sais pas si j'ai une véritable empreinte ! Tout est parti, dans les années 1990, d'un travail du conseil d'administration qui, après consultation des adhérents, a construit un projet d'entreprise. La présidence d'une coopérative, c'est le management d'un conseil d'administration et c'est le travail avec le directeur. C'est tous ensemble que nous avons mis en place cette politique définie dans les années 1990 : une coopérative au service de ses adhérents en prenant en compte le facteur humain. Pour nous, l'homme est très important. Notre travail peut se résumer ainsi : comment entourer le travail des adhérents dans le conseil et en commercialisation avec des conseils techniques pour la production ?

LAR : Envisagez-vous de rester président pendant encore longtemps ?

Pa. Du. : Une présidence de coopérative est renouvelable tous les ans : mon poste est remis en cause à chaque fois. Pour un petit établissement comme le nôtre, l'un des obstacles consiste à trouver des jeunes qui veuillent bien s'investir dans la gestion d'une coopérative. L'individualisme est de plus en plus fort : un phénomène sociétal qui n'est pas lié qu'à l'agriculture. On trouve de moins en moins de volontaires pour donner de leur temps pour une cause commune.

LAR : À l'avenir, quels sont les grands défis que la coopérative de Boisseaux devra relever ?

Pa. Du. : Le principal défi consistera à être toujours attirant pour les nouveaux producteurs. Ce qui suppose de conserver notre volume de collecte. Pour cela, il faut savoir évoluer : nous avons toujours essayé de devancer les évolutions de la société. Depuis 2007, nous sommes partis dans une démarche de développement durable : nous avons mis en place une politique de qualité pour répondre aux exigences sanitaires et qualitatives réclamées par nos clients et la société de manière générale. Lier l'économie, l'homme et l'environnement. Dans les faits, cela se traduit par une organisation du travail ayant pour objectif de maintenir une capacité de développement économique tout en faisant en sorte que tout se passe bien au niveau du personnel de la coopérative et dans les relations avec nos adhérents et l'ensemble des parties prenantes : nos clients, les fournisseurs, les communes avoisinantes. Objectif : faire partager notre travail et que les gens aient un sentiment d'appartenance à l'égard de la coopérative.

La maîtrise des orientations stratégiques

LAR : Est-ce que des investissements sont prévus ?

Pa. Du. : En 2012, nous avons consacré 300.000 EUR à la mise aux normes de nos plus anciens silos. Nous continuons à mettre aux normes une partie d'entre eux. Nous avons un projet d'un montant de 200.000 EUR pour le stockage d'engrais. Le permis de construire a été déposé et l'échéance se situe en 2014. Nous sommes également en réflexion pour favoriser le stockage en ferme. Cela se traduirait par une plate-forme décentralisée pour favoriser la récolte au moment des moissons.

LAR : Votre établissement est en union commerciale avec Puiseaux, la C.A.PRO.GA. et la coopérative d'Île-de-France Sud : à terme, envisagez-vous une fusion, ainsi qu'on peut le voir ailleurs ?

Pa. Du. : On ne peut pas préjuger de l'avenir mais, à l'heure actuelle, nous sommes sur la même ligne que celle que nous avons définie il y a plus de vingt ans : une coopérative indépendante. Où les agriculteurs se sentent chez eux et puissent s'adresser directement au responsable. Une ligne de conduite que nous partageons avec les trois autres coopératives. Donc, il n'est pas question de fusionner. C'était un préalable lorsque nous étions entrés dans l'union. Chaque coopérative reste indépendante dans ses relations avec ses adhérents et garde la maîtrise de ses orientations stratégiques.

 

 


À noter

L'assemblée générale de la coopérative de Boisseaux aura lieu le mardi 10 décembre à la salle des fêtes d'Andonville à partir de 16 heures.

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