Loiret Agricole et Rural 25 mai 2018 à 16h00 | Par Olivier Joly

Assemblées générales de sections de Cristal Union : un moment privilégié pour partager un langage de vérité avec les coopérateurs du groupe

Le groupe coopératif Cristal Union présente son bilan de la campagne réunions annuelles sont pour le groupe des moments très importants d'échanges et de ren-de la filière sucrière européenne, compte tenu du marasme des marchés du sucre.

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Olivier de Bohan président de Cristal Union : "oui , il y a 2 ans nous nous sommes trompés dans nos analyses".
Olivier de Bohan président de Cristal Union : "oui , il y a 2 ans nous nous sommes trompés dans nos analyses". - © Olivier Joly

Des excellentes per-formances agricoles et industrielles pour la cam-pagne 2017/2018

Les performances de Cristal Union sur le plan agricole et industriel ont été à la hauteur de toutes les attentes. Le groupe a enregistré une augmentation des surfaces agricoles de plus de 20 % et des rendements proches des records à 96 t à 16° en moyenne. La durée des campagnes s'est allongée de près de 30 jours pour une durée moyenne groupe de 124 jours, ce qui a notamment permis une meilleure absorp-tion des frais fixes. Les usines de Cristal Union ont également battu des records de production journalière, avec une cadence globale de 135.000 tonnes de betteraves râpées quotidien-nement. Ces cadences records sont le fruit des efforts réali-sés par le groupe depuis 2010 pour moderniser les outils de production et notamment ré-duire la consommation globale d'énergie (-10%), d'eau (-50%) et les émissions de CO2 (-25%).


Un discours de vérité sur les conséquences d'un contexte des marchés du sucre fortement déprimés et les défis à relever dans les années à venir

Olivier de Bohan, président du conseil d'administration du groupe Cristal Union, a souhaité tenir un langage de vérité aux différentes sections de Cristal Union face à la situation déprimée du marché mondial du sucre et aux défis qui attendent le groupe et l'ensemble du secteur dans les années à venir. Avec la fin des quotas sucriers européens, la donne économique a changé. La fin du système de quotas sucre et de prix garantis par le régime sucre européen est intervenue au moment même où le marché mondial est caractérisé par une forte pression des prix à la baisse marquée par des performances de productions aussi surprenantes qu'inattendues en Inde et en Thaïlande, générant ainsi un nouvel excédent de volumes venant aggraver des stocks déjà pléthoriques. La campagne 2018 débute donc avec de forts déséquilibres qui augmentent la pression sur le marché du sucre roux dont les tendances à la baisse risquent de s'accentuer dans les mois à venir. Ainsi, le prix de la tonne de sucre est passé largement en dessous de l'ancien prix de référence de 404 EUR/t qui correspondait une betterave à 25,40 EUR/t.
À ce contexte de marché dégradé, s'ajoute l'incohérence des politiques publiques conduites aux niveaux européen et français. De la remise en cause de l'utilisation des produits phytosanitaires sans alternatives connues à ce jour, en passant par la conclusion d'accords commerciaux de grande ampleur mettant à mal les producteurs européens et la défense difficilement compréhensible de la filière huile de palme au détriment des filières locales de biocarburants à l'image de l'éthanol et de l'amidon C, c'est la pérennité économique du secteur sucrier dans son ensemble qui est menacée. En parallèle, la filière doit faire face à une défiance accrue des consommateurs vis-à-vis des industries agro-alimentaires, des marques, de la grande distribution, du monde agricole et à la montée en puissance de nouveaux comportements alimentaires (0 sucre, sans gras, végétalien, bio etc.) encouragés par une très forte médiatisation visant à encourager les consommateurs à se détourner du sucre.
Des décisions fortes pour garantir la pérennité du groupe
Tous ces éléments de contexte obligent l'ensemble de la filière à réfléchir au niveau interprofessionnel à des dispositifs de sécurisation du secteur et le groupe Cristal Union n'a pas attendu quant à lui pour repenser sa logique de fonctionnement en vue d'optimiser encore davantage ses dispositifs agricoles, industriels, commerciaux et financiers, avec une vision à long terme. Fort de ces constats, le conseil d'administration de Cristal Union a pris à l'unanimité la décision de supprimer le prix minimum de la betterave, dès la campagne 2018. Cette décision, dont le conseil mesure entièrement l'impact qu'il représente pour les coopérateurs, est nécessaire pour assurer la pérennité du groupe sur le long terme. Le maintien d'un prix minimum éloignerait encore davantage Cristal Union des réalités du marché et affaiblirait les propres exploitations de ses adhérents. (...) Le président de Cristal Union tient à rappeler à tous les coopérateurs lors de ces assemblées générales de sections que la préservation du revenu betteravier reste l'objectif prioritaire du groupe et que la betterave ne sera en aucun cas la variable d'ajustement de la performance du groupe...

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